Productions Agricoles

Laisser le moins possible de feuilles au champ de légumes

L’introduction de luzerne et trèfle violet peut permettre davantage d’autonomie protéique. Mais l’efficacité économique ne peut se passer d’un itinéraire technique précis, jusqu’à la récolte.

Dans nos régions, les cultures de luzerne et trèfle violet peuvent produire respectivement 2,6 et 2,2 t de protéines par ha. Certains éleveurs parviennent à obtenir des rendements allant jusqu’à 12 – 13 t MS/ha en 4 à 5 coupes. Mais la fauche et la récolte doivent être réalisées avec soin pour assurer la qualité du fourrage et la pérennité des cultures.
« Les protéines sont en majorité situées dans les feuilles. Plus la culture se développe, plus il y a de tiges. Il faut trouver le bon compromis entre le rendement et la valeur alimentaire », a précisé Jean-Marc Seuret, du Pôle herbivores des Chambres d’agriculture de Bretagne, lors des journées portes ouvertes organisées les 21 et 22 mai sur la station expérimentale de Mauron (56).

Couper la luzerne à plus de 7 cm

S’agissant de la luzerne, le meilleur stade de récolte se situe du début du bourgeonnement (4 boutons floraux / 20 tiges) au bourgeonnement (16 è/ 20 tiges), avec une hauteur de coupe supérieure à 7 cm (cela permet d’avoir moins d’eau à évacuer, une meilleure circulation de l’air et une bonne repousse). « Récolter en début de floraison, c’est trop tard. Il faudra par contre laisser la luzerne fleurir au moins une fois dans l’année, le mieux étant lors du cycle estival. 10 % de fleurs suffisent. À l’automne, la dernière coupe doit intervenir avant mi-octobre, pour que la plante puisse reconstituer ses réserves avant l’hiver.  » Le trèfle violet trouvera son stade optimal de récolte à l’apparition des premières fleurs, la hauteur de coupe devra dépasser 5 cm.
Les parcelles de luzerne peuvent être valorisées en enrubannage, foin ou affouragement en vert. « L’ensilage de luzerne est plus compliqué, un conservateur est conseillé. » Plus riche en sucres solubles, le trèfle violet se conserve plus facilement en ensilage. Il peut aussi être enrubanné et affouragé en vert.

Enrubanner rapidement

L’andainage devra se faire plutôt le matin du pressage, à régime lent (favoriser la largeur de travail pour un meilleur débit de chantier), avec un andaineur « soleil » plutôt qu’un classique. Autres conseils pour le pressage, il est à privilégier en fin de matinée, le liage filet est également à préférer, ainsi qu’un enrubannage le plus rapidement possible après le pressage. L’utilisation d’un combiné round enrubanneuse optimise la qualité.

Faucheuse simple, peu ou pas de fanages

Pour préserver la quantité de protéines dans le fourrage, il faudra limiter la perte de feuilles lors des opérations de récolte. Comme l’ont montré les démonstrations organisées à Mauron, la faucheuse simple est la solution qui préserve le mieux les feuilles. La faucheuse conditionneuse agresse davantage, surtout avec une intensité forte. « Il est recommandé de faucher le matin, après la levée de la rosée, pour profiter pleinement de la première journée de séchage », explique Christopher Brachet, animateur machinisme Cuma. Le fanage doit être réalisé aussitôt après la fauche ou après une légère réhumidification. « Il est recommandé de réduire le nombre de fanages et de limiter les vitesses d’avancement et de rotation. Le retourneur d’andains est une alternative. » À Mauron, un seul fanage est réalisé sur la première coupe de luzerne, aucun sur les autres coupes. Le trèfle est par contre fané à tous les cycles et nécessite un jour supplémentaire de séchage, voire deux. Agnès Cussonneau

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