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Anticiper le semis de maïs

Adapter la protection au risque taupin

Vis-à-vis du risque taupin, les solutions insecticides sont actuellement moins performantes, mais restent encore relativement coûteuses. Le risque d’avoir des dégâts significatifs dans les maïs n’est pas présent partout, mais il reste difficile à prédire.

Dans une logique de protection raisonnée, on choisira de protéger en priorité les parcelles avec un précédent à risque avéré : les prairies, de courte ou de plus longue durée, ainsi que les parcelles où des dégâts ont été observés l’an passé ou les années précédentes, quels que soient les précédents. Pour les autres situations, la probabilité d’attaque reste, a priori, plus faible, mais non nulle.

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Les solutions disponibles contre les taupins en 2015

Dans les situations à risque fort, le traitement de semences Sonido ou les produits microgranulés Force 1.5 G ou Fury Géo à pleine dose offriront la meilleure protection. À noter que le produit Force 1,5 g ne doit pas être utilisé plus d’un an sur trois sur la même parcelle. Évalué ces 4 dernières campagnes dans les essais Arvalis, le traitement de semences Force 20CS n’a pas montré une efficacité suffisante sur taupins, notamment en situation de pression moyenne à forte. La double protection combinant le traitement de semences Sonido avec un microgranulé à base de pyréthrinoïdes a été testée dans les essais. Cette solution peut apporter un léger bénéfice, mais n’améliore pas systématiquement l’efficacité, tout en étant très coûteuse. (voir figure)
Pour lutter contre les autres ravageurs de début de cycle tels que l’oscinie et géomyze, à ce jour seul le traitement de semences Sonido a une autorisation. Ce produit, ainsi que le microgranulé Force 1,5 G, apporteront une protection partielle sur ces ravageurs
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Des pistes en bio-contrôle

En partenariat avec l’INRA, Arvalis poursuit ses travaux d’évaluation des solutions de bio-contrôle pour lutter contre les taupins. Sans atteindre les performances des produits chimiques, quelques pistes s’avèrent prometteuses (substances répulsives à base de tourteaux de crucifères, champignons ou nématodes entomopathogènes…). L’efficacité de ces produits est cependant assez variable et très dépendante des conditions d’applications. Un important travail de recherche reste à faire avant l’homologation et la préconisation de solutions à un prix abordable : définir le meilleur mode d’applications et la dose efficace, confirmer la régularité d’efficacité, évaluer la persistance d’action… Dans une stratégie alternative, ces solutions de bio-contrôle seraient dans tous les cas à associer à d’autres leviers d’action, avec une approche pluriannuelle intégrant l’ensemble des termes de la rotation, y compris l’interculture.

Et la lutte agronomique ?

Les leviers agronomiques sont moins efficaces pour lutter contre les taupins que pour lutter contre les adventices. Il n’y a pas lieu de modifier la date de semis pour essayer de réduire la pression de taupins ou de réduire la profondeur de semis pour améliorer l’efficacité des protections insecticides. Ces dernières années ont montré des dynamiques d’attaques très variables et indépendantes de la date de semis. Les taupins sont généralement actifs quand les conditions de températures et d’humidité sont également favorables au maïs, mais la course de vitesse tourne rarement à l’avantage de la culture comme ce fut le cas l’an dernier… Pour assurer une levée homogène et une bonne sélectivité des herbicides de prélevée, la profondeur de semis doit rester entre 4 et 5 cm, dans un lit de semences suffisamment fin, frais et bien rappuyé. La modification de l’itinéraire technique pourrait faire prendre des risques agronomiques dont les conséquences seraient encore plus importantes sur le rendement.
À l’implantation, tout ce qui favorisera une croissance rapide des jeunes plants de maïs sera bénéfique : variété à bonne vigueur, engrais starter localisé au semis. Mais, pour faire face à une attaque de taupins, cela peut s’avérer nettement insuffisant, surtout si la pression est moyenne ou forte. Ces éléments doivent être utilisés en accompagnement de la protection insecticide. Michel Moquet – Éric Masson /Arvalis-institut du végétal

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