DossiersÉlevage

Techniques d’insémination porcine

34 porcelets par truie et par an, en toute simplicité

Pas de technique sophistiquée autour de l’insémination à la maternité collective de la Planchette. Juste un protocole bien appliqué. Les résultats sont là : 97 % de fertilité et 16,72 nés totaux par portée.

Peuplée en 2012, la maternité collective de la SCEA de la Planchette tourne désormais à plein régime. Les 550 truies Adenia, conduites en 10 bandes avec un sevrage à 21 jours, ont produit 34,09 porcelets chacune, sur la dernière année. La marque d’un excellent statut sanitaire mais aussi d’une extrême rigueur dans la conduite du troupeau. « À la fin des mises-bas, nous injectons de la sergotonine à toutes les truies puis du dynolitic, 36 heures plus tard », explique Dominique Quellard, responsable d’élevage.

Dominique Quellard, responsable de l'élevage et Amélie Cottard, salariée
Dominique Quellard, responsable de l’élevage et Amélie Cottard, salariée.

Dans la semaine qui précède le sevrage, une cure de vitamines et d’oligo-éléments est administrée avec 700 g de sucre (sur 4 jours ; 175 g/jour). « L’objectif est de stimuler la sécrétion hormonale. Les truies sont plus toniques ». Le sevrage a lieu le mercredi à 16 heures, les animaux sont douchés dans la foulée. « Avec un sevrage du mercredi matin, j’avais trop de truies à inséminer le dimanche ». Deux verrats souffleurs sont sollicités pour la détection des chaleurs. L’un d’entre eux passe, dès le jeudi, devant les truies. Il reste une heure dans le couloir. Les jours suivants, il passe matin et soir. « La détection des chaleurs débute le dimanche matin, pour des inséminations du soir. La seconde IA est réalisée vers 10 h 30, le lundi en même temps que la première IA des truies détectées le dimanche soir; la troisième est effectuée, au besoin, le mardi vers 8 heures. Les animaux détectés le lundi matin sont inséminés le lundi soir, puis le lendemain matin. Les dernières IA sont faites le mercredi, dans la matinée ». 80 % des truies et des cochettes sont en chaleur le dimanche soir. En moyenne, 2,7 IA sont effectuées par truie.

Pas de cases de maternité vides

Lors des inséminations, un verrat est bloqué devant cinq truies. Les doses de semence, reçues le vendredi et le lundi matin, sont stockées à plat, sans retournement, à 17°C. Elles ne sont pas réchauffées, simplement placées à température ambiante une heure avant les inséminations. Les vulves sont nettoyées et déinfectées avec un produit non-spermicide.  « J’insémine avec des sondes classiques en mousse, sur lesquelles j’applique un gel lubrifiant. Je branche 7 à 8 truies à suivre et je reviens débrancher la première. Les sondes restent 5 minutes en place, ce qui limite le refoulement. Les doses sont maintenues à l’aide de serre-flancs ». 55 animaux sont inséminés par bande, avec un objectif de 48 mises-bas. « Je vends les truies supplémentaires, après échographie. Toutes les cases de maternité doivent être pleines ».

Pesée individuelle des porcelets à la naissance

L’éleveur déplorait, à une certaine période, le fait d’avoir des truies un peu trop grasses à l’arrivée en maternité. Depuis, les rations (alimentation en soupe), sont définies par les mesures d’épaisseur de lard dorsal. Globalement, un flushing est effectué après le sevrage, à 4,8 kilos d’aliment gestante, les vendredi, samedi et dimanche. Les rations descendent ensuite à 2,5 kg, avant de remonter autour de 4 kg le vendredi suivant, jusqu’à l’échographie. Ensuite, en salle de gestantes et jusqu’à un mois avant la mise-bas, les truies reçoivent 2,7 kg d’aliment. Trois semaines avant l’entrée en maternité, elles ont 3,7 kg d’un aliment mixte , comprenant 20 % d’aliment de type allaitante. Dans cette période, les cochettes ont 3,3 kg du même aliment mixte. L’objectif du mélange est de favoriser la croissance des porcelets, qui tous pesés individuellement à la naissance, au moment des soins. Ils pèsent, en moyenne entre 1,30 et 1,35 kg. Avant l’apport d’aliment allaitante, le poids moyen à la naissance était de 1,20 kg.

Plus de 13 sevrés par portée

Les chaleurs des cochettes sont repérées en quarantaine. « L’objectif est d’inséminer des animaux qui ont déjà été vus en chaleur et qui ont une épaisseur de lard dorsal de 14 mm au minimum ». L’âge moyen à la première saillie est de 269 jours et les mises-bas ont lieu à 385 jours. Sur l’ensemble des animaux, la fertilité est de 96,6 %, les nés totaux de 16,72 par portée et les nés vifs de 15,20. Au final, 13,17 porcelets sont sevrés par portée. Des résultats qui interpellent Thierry Pécheul, responsable de la filière porcine d’Amélis : « Si des techniques plus sophistiquées existent, elles sont aussi plus chères. Sur cet élevage, l’économique prime sur l’innovation, avec d’excellents résultats ». Bernard Laurent

Mots-clés

Peut vous intéresser

Bouton retour en haut de la page
Fermer