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Champ libre aux légumes

Une mission de conseil envers nos clients

Au Gaec de Kerjosselin à Erdeven (56), la vente de la production légumière se fait en circuit court depuis plusieurs générations.

Il y a 100 ans, les aïeux de Thérèse et Hervé Belz troquaient l’oignon d’Erdeven dans cette station balnéaire du Sud-Morbihan. Quelques décennies plus tard, ces producteurs de légumes perpétuent toujours la vente locale, mais cette fois de façon sonnante et trébuchante. « Je me suis installé en 1978 en tant que producteur de tomates de plein champ. Ma production partait à la Sica de Plouhinec (56). Malheureusement, cette coopérative a fait faillite. Je me suis donc tourné vers la vente directe », raconte le producteur.

Hervé et Thérèse Belz
Hervé et Thérèse Belz ont fait le choix de la vente directe depuis toujours.

Profiter de l’été

La première difficulté rencontrée par Hervé, c’est l’approvisionnement de son étal. « Mes tomates arrivaient après la saison touristique. C’est pourquoi j’ai choisi de produire sous serre. Je trouve également un débouché chez Intermarché et chez Pomona. Ma clientèle particulière s’est ensuite développée, avec des pics de fréquentation lors de la saison estivale. Je pratique une lutte intégrée dans les serres, et je ne m’interdis pas l’utilisation de solutions chimiques, mais toujours de façon raisonnée. » Les clients sont d’ailleurs attentifs à ce mode de fonctionnement si on trouve les bons mots pour expliquer son travail.

Deux métiers en un

Accueillir les consommateurs sur son exploitation ne s’improvise pas. « Il faut apprécier le contact humain, savoir recevoir les gens. C’est une activité valorisante mais épuisante. Le client demande aussi une large gamme de produits, et sur les 37 références proposées tout au long de l’année, seuls les navets et les rutabagas ne sont pas produits ici. Il faut avoir une palette de légumes conséquente, ce qui demande une bonne gestion de la conservation ». Le Gaec est également sous contrat avec une grande surface pour l’approvisionnement en légumes frais, à hauteur de 50 % de volumes produits. « Même si les relations sont très bonnes, j’ai  une préférence pour le débouché en vente directe. Nous avons avec nos clients une mission de conseil, sur la conservation des légumes, mais aussi sur les façons de les cuisiner. Le magasin de la ferme est un lieu d’échange, car les gens viennent ici pour avoir des produits de qualité et pour manger moins cher », résume la productrice.

L’oignon d’Erdeven
L’oignon d’Erdeven, la star de l’exploitation.

Utiliser son terroir

Une certaine fierté se dégage des légumes du Gaec de Kerjosselin. « En vente directe, il est important d’utiliser les productions du terroir, le consommateur y est très attentif. Ainsi, nous produisons des choux de Lorient ou des oignons d’Erdeven. Chaque région a ses particularités, il faut savoir les utiliser. Nous travaillons ici dans un environnement particulier, très fréquenté l’été, avec un camping à côté de l’exploitation. Durant cette période, l’accueil est réalisé tous les jours, sauf le dimanche. Notre zone de chalandise est proche de la ferme : les acheteurs sont en moyenne à moins de 10 km. Il faut savoir travailler avec une clientèle fidèle, en étant physionomiste. Au niveau tarif, nos prix n’ont pas changé depuis le passage à l’euro », aime le rappeler Thérèse Belz. Sûr que les gourmands trouvent du plaisir à venir acheter les produits frais de la ferme, et le sympathique couple choie ses fidèles avec en prime un bouquet de persil offert à chaque client. Fanch Paranthoën

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