Productions Agricoles

Un système laitier doit être cohérent sur toute la ligne

Depuis 15 ans, les études économiques se succèdent et aboutissent à la même conclusion. Un bon système laitier doit être cohérent jusqu’au bout pour dégager une rentabilité économique.

C’est comme pour tout : faire les choses à moitié est toujours le plus mauvais choix. Dans une étude récente, le réseau Xpertia démontre une fois de plus que « le système intermédiaire est toujours le plus mauvais choix », résume Laurent Thomas, responsable des experts Gestion d’Xpertia. Et d’expliquer que si un éleveur choisit l’intensification, il doit aller jusqu’au  bout ; et que s’il choisit l’extensification, il doit également pousser son système jusqu’au bout. En fait, il n’y a pas de demi-mesure.

Maîtrise et équilibre des rations

En croisant les résultats techniques et économiques, Xpertia montre par exemple que dans une logique de production haute par vache (> 8 000 kg/VL), avec un régime maïs représentant plus de 70 % de la ration, le raisonnement de la distribution de concentré reste capital pour maîtriser le coût de production. Le phénomène est amplifié avec la flambée du prix des concentrés, comme celle observée l’hiver dernier. « Dans les clôtures actuelles, on commence à ressentir l’impact de la baisse du prix des concentrés », observe toutefois le conseiller d’entreprise.

Même principe dans les systèmes à plus faible niveau de production où une distribution trop large de concentré dans un système principalement herbager va grever le bénéfice attendu : ce que l’éleveur gagne avec les fourrages grossiers à pas cher, il va le perdre dans l’achat de concentré. À l’inverse, une trop forte économie de concentré dans un système à dominante maïs combiné à une production modérée par vache (6 500-7 000 kg/VL) dégrade l’efficacité économique du système : il y a un gaspillage d’énergie du maïs qui coûte cher à produire. Cet exemple illustre bien la nécessité d’aller jusqu’au bout d’une logique.

Impact de la nouvelle Pac

Mais que se passera-t-il avec la nouvelle Pac ? Les simulations effectuées par Xpertia montrent que les systèmes intensifs (> 70 % de maïs et > 8 000 kg de lait par VL) subiront la plus forte baisse des aides : – 23 % ; mais conserveront le plus haut  niveau en valeur absolue (40 485 € en 2014 ; 29 605 en 2019). Mécaniquement, l’EBE de ces élevages diminuera de 17 €/1 000 L pour passer à 58 €/1 000 L. Les systèmes les plus extensifs perdront 12 €/ 1 000 L d’aide avec la réforme, soit un EBE prévisionnel de 66 €/1 000 L.

Quels que soient les systèmes, l’efficacité vient de la cohérence globale et d’une exigence renforcée en matière de maîtrise technico-économique. C’est particulièrement vrai sur les charges liées à l’alimentation. Quant aux systèmes plus extensifs, la clé du maintien de leur compétitivité réside également dans leur capacité à maîtriser leurs charges de structure qui sont plus difficiles à diluer dans un volume de lait plus limité. Didier Le Du

Six systèmes différenciés

Six systèmes différenciés
Six systèmes différenciés.

Système 1 : il correspond à un système de productivité animale et de part de maïs maxi. Ce groupe présente un EBE supérieur à 75 €/1 000 L en 2013.

Système 2 : il correspond à une productivité animale élevée avec un meilleur équilibre herbe/maïs et une quantité de concentrés moins forte. L’EBE 2013 est de 85 €/1 000 L.

Système 3 : il conserve une productivité animale importante avec une forte maîtrise des concentrés (< 130 g/kg de lait). Cette maîtrise du poste concentré leur permet d’atteindre un EBE de 87 €/1 000 L en 2013. C’est le groupe qui présente la meilleure efficacité économique.

Système 4 : il présente un niveau de production plus faible tout en conservant une part de maïs maxi. Ce système est pénalisé par une faible productivité animale au vu des niveaux maïs et concentrés (78 % de maïs et 160 g de concentré par kg de lait. L’EBE est de 70 €/1 000 L en 2013.

Système 5 : il montre une productivité animale faible et un équilibre maïs/herbe. Néanmoins la quantité de concentré par kg de lait reste élevée par rapport au niveau d’étable (> 130 g/kg de lait). Le niveau d’EBE s’en ressent avec le niveau le plus faible à 59 €/1 000 L en 2013.

Système 6 : il regroupe les exploitations plus herbagères qui composent une productivité animale faible par une bonne valorisation des surfaces en herbe et des apports de concentrés faibles. Cette classe, qui était dans les niveaux élevés de rentabilité l’an dernier, est cette fois impactée par les conditions climatiques 2013 moins favorables à une forte valorisation des parcelles en herbe. Elle obtient néanmoins un EBE moyen de 79 €/1 000 L en 2013.

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