Dossiers

Améliorer la productivité

Optimiser le roulement des taurillons

Les premiers JB (jeunes bovins) d’Armel Huguet affichent sur huit mois de présence, un GMQ de 1640 g. Parmi les raisons de ces performances : un maïs de qualité, l’acquisition d’une mélangeuse et des bâtiments bien conçus.

Le bâtiment est clair, bien ventilé, les JB Charolais avalent avec appétit la ration mélangée. D’autres ruminent tranquillement à l’arrière des cases. Armel Huguet a arrêté la production laitière en avril 2013. Il produisait 420 000 L de lait avec sa compagne, qui est désormais partie travailler à l’extérieur. « Nous étions en libre service. Pour continuer la production laitière à l’avenir, il aurait fallu réaliser de gros travaux. Et je préfère les cultures aux vaches laitières », explique l’agriculteur qui a fait le choix de reconvertir ses bâtiments en production de JB, lui assurant le fumier pour ses sols.

Repères

  • 1 UTH.
  • SAU de 90 ha : environ 30 ha de maïs ensilage, 40 ha de blé et triticale, 5 ha de légumes industrie, 5 ha de colza, 5 ha de maïs grain (vendu) et 5 ha de foin.
  • 10 ha de céréales gardés  pour l’alimentation des JB.
  • Autonomie en paille.

Pour valider et sécuriser sa création d’atelier, et considérant qu’il n’y a pas de revenu sans productivité, Armel Huguet a, dès le départ, opté pour un suivi technique performant, via Ter’élevage. 65 000 euros ont été investis, dont 16 000 euros dans une mélangeuse neuve (vis verticale, 12 m3), et le reste pour la rallonge de charpente sur la stabulation existante, la mise en place des bardages en bois, le bétonnage du couloir d’alimentation et de l’aire d’exercice, les barres au garrot. « Je devrais obtenir une aide PMBE (Plan de modernisation des bâtiments d’élevage) de 7 500 euros et j’ai fait la demande d’aides à l’engraissement en tant que récent investisseur. » Pour 10 000 euros supplémentaires, le producteur a acquis deux silos de 15 t chacun, qui permettent de stocker de plus grandes quantités de correcteur azoté et d’avoir des remises sur les prix avec 30 t livrées (281 euros/t, plutôt que 293 à la dernière commande).

Vers davantage de prévention sanitaire

La maîtrise sanitaire est un levier important de réussite. Pour le moment, l’éleveur n’a eu à déplorer que deux animaux morts. « Actuellement, les broutards sont vaccinés contre les maladies respiratoires et la BVD, et sont vermifugés. Selon les conditions en été, on diminuera certains traitements, notamment pour réduire les coûts. En préventif, l’éleveur distribue aux bovins de la vitamine C rumino-protégée », souligne Sébastien Daujat. Une quarantaine avec contention va être installée dans un bâtiment existant, à quelques mètres de la stabulation, pour accueillir les lots de 28 broutards pendant un mois. « C’est un bon moyen pour habituer les bovins au contexte sanitaire de l’exploitation et accélérer le roulement et donc la performance économique. » Ayant obtenu le statut de « bâtiment dérogataire », le producteur n’a pas besoin de réaliser les prises de sang obligatoires à l’entrée des bovins, une économie de plus de 1 500 euros/an.

Des pesées trimestrielles

Le bâtiment abrite 11 cases de 13 ou 14 JB mâles Charolais. « Il a été rempli de septembre à novembre derniers. Les broutards arrivent par lots de 28, à environ 8 mois, pesant 280-300 kg. Quelquefois, ils sont un peu plus lourds. » Déjà pesés avant d’arriver, ils le seront à nouveau une fois par trimestre sur l’élevage. « Le calcul du GMQ permet d’ajuster la conduite et d’anticiper les sorties et les entrées d’animaux. Sur les plus âgés qui vont bientôt partir, le GMQ est de 1 640 g sur 8 mois de présence, alors que la moyenne est plutôt de 1 500 g sur cette race. L’objectif est de 450 – 480 kg de carcasse à la sortie », précise Sébastien Daujat, technicien Ter’élevage. « Ces performances peuvent permettre à l’éleveur de gagner au moins une bande sur 5 ans. »

Quelle est la recette ? Elle commence par un bon maïs ensilage, selon l’éleveur. « J’utilise plutôt des variétés de type grains, plus énergétiques, récoltées à 35 % de MS. » Trois silos sont confectionnés, chacun faisant l’objet d’une analyse qui permet de préciser la ration. Après les 15 premiers jours au foin et avec un peu d’aliment, les JB sont nourris avec une ration mélangée de maïs, paille, correcteur azoté et céréales de l’exploitation aplaties. « La mélangeuse accroît la productivité, mais permet aussi à tous les animaux d’avoir la même ration, sachant que les cases ne sont pas très larges (5 m). »

Le travail à une personne seule

L’atelier bovin a été conçu pour que le travail soit possible à une personne seule, avec des barrières mobiles entre les cases et un parc de contention à l’extérieur, équipé d’une balance. En croisière, cette production devrait représenter 0,3 UTH en moyenne, le producteur s’occupant par ailleurs entièrement des cultures (sauf les récoltes). « Il y a surtout beaucoup de travail à l’arrivée des broutards, avec les vaccinations et les soins particuliers. » Armel Huguet n’aurait par ailleurs pas lancé son activité sans la garantie de prix de reprise par le contrat à objectifs partagés (Cop) conclu avec Ter’élevage. Pendant 10 ans, le « Cop sérénité » assure une marge sur le taurillon permettant de payer la main-d’œuvre et le bâtiment, même quand les cours sont insuffisants. Quand les cours sont plus élevés, la différence va remplir une caisse propre à l’exploitation. Un système qui sécurise à la fois l’éleveur, le banquier et les abattoirs. Agnès Cussonneau

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