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Améliorer la productivité

De la semence sexée femelle sur les génisses

Pratiquant l’IA sur les génisses depuis une dizaine d’années, Stéphane Gardan a souhaité booster le progrès génétique en utilisant de la semence sexée sur les meilleures d’entre elles.

« Depuis une dizaine d’années, je fais de l’IA sur les génisses dans le but d’améliorer la génétique de mon troupeau. Pour les mâles, les GMQ étaient certes plus importants, mais je trouvais dommage de les voir aller à la boucherie », précise Stéphane Gardan, installé à Saint-Didier (35) avec sa femme Sandrine. Depuis deux saisons d’insémination, il utilise donc de la semence sexée femelle sur les génisses gardées (environ la moitié, l’autre moitié étant vendue en filière Bœuf de nos Régions).

Pour gagner en temps de travail avec une conduite en lots, la saison de reproduction est regroupée sur l’exploitation. Les IA commencent en septembre et les saillies sont réalisées de début octobre à fin décembre, via deux taureaux. « Je repère facilement les chaleurs naturelles sur les génisses. Sur les 10 IA sexées réalisées en 2012, je n’ai eu qu’un seul mâle. En 2013, 7 IA sexées sur 11 inséminations ont été réalisées. »

20 à 25 % de renouvellement

Selon le nombre commandé, les semences sexées peuvent coûter entre 40 et 45 euros l’unité, contre 8 à 13 euros pour une dose classique. Toujours pour progresser par la voie génétique, Stéphane Gardan inscrit toutes les femelles au Herd-Book de la race. Le renouvellement se situe volontairement autour de 20-25 %, avec des critères de choix sur la fertilité, la docilité et le potentiel génétique.

Depuis deux saisons d’insémination, Stéphane Gardan utilise de la semence sexée femelle sur ses génisses
Depuis deux saisons d’insémination, Stéphane Gardan utilise de la semence sexée femelle sur ses génisses.

Des progrès palpables

Sur le dernier exercice, l’IVmat du troupeau s’est amélioré, de 97,5 à 98,3, dépassant désormais la moyenne de la race. Mais les réels progrès restent à venir avec plusieurs jeunes vaches affichant des index de plus de 100. Les dernières pesées réalisées montrent également une évolution favorable : en femelles, le poids à 210 jours atteint en moyenne 263 kg contre 255 kg d’objectif de race. Le GMQ s’approche de 1,1 kg. Sur les meilleures femelles issues d’IA, la différence de poids à 210 j avec la moyenne de race peut atteindre plus de 80 kg, et le GMQ grimpe à 1,4 kg.

Sur les mâles, le poids moyen à 210 j atteint 287 kg (objectif à 283 kg) et le GMQ dépasse 1,16 kg. Tous les animaux sont pesés tous les trois mois, jusqu’au sevrage à environ 9 mois, en mars. Restant en bâtiment, les mâles continuent ensuite à être pesés tous les trois mois jusqu’à l’abattage, les femelles le sont aussi parfois. Pour surveiller de manière plus pointue la reproduction, l’éleveur réalise aussi des échographies, en une fois en janvier (le tarif moyen d’une échographie est de 4,30 euros, modulable à la baisse selon le nombre de passages et la quantité). « Cela me permet de détecter précocement d’éventuels problèmes de taureaux, sanitaires, de repro… Les vaches qui sont vides sont réformées, sauf si vraiment elles affichent un fort potentiel. » En moyenne sur les trois dernières campagnes, l’intervalle vêlage-vêlage est inférieur à 375 jours sur l’exploitation. L’âge moyen au premier vêlage est de 3 ans.

Des taureaux de Lanaud

Tout en Limousin, le troupeau allaitant est constitué de 60 mères et de 40 taurillons (vendus à 440 kg de carcasse en moyenne). Achetés à la station de Lanaud, les deux taureaux de type élevage sont détenus en copropriété par Stéphane Gardan et son frère, qui lui, conduit un système en vêlages de printemps. Les taureaux restent environ 4 ans sur les deux élevages. Sur la SAU de 63 ha, l’EARL La Coeffelière héberge 15 ha de maïs ensilage, 15 ha de blé (dont 3 ha pour l’alimentation du troupeau), et de l’herbe (dont 20 ha sont ensilés et 7-8 ha en foin).

Autour de 5 % de mortalité

La grande majorité des naissances est concentrée sur juillet – août. « Une période que nous avons choisie pour des raisons sanitaires. On ne peut plus se permettre de perdre des veaux autour des naissances. Pour maîtriser la mortalité, nous avons aussi travaillé sur l’état des vaches avant vêlage, avec une réduction de l’alimentation après sevrage. » Aujourd’hui, la mortalité se situe autour de 5 %. La bonne maîtrise des différents paramètres de reproduction est une piste explorée avec succès par Stéphane Gardan, générant, en complément de la productivité de la main d’œuvre, un meilleur équilibre économique. Agnès Cussonneau

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