Réparties sur toute la région, près de 3 200 exploitations bretonnes commercialisent leurs produits en circuits courts (au maximum un intermédiaire) dont 53 % en bio. « Depuis 2 ans, nous renseignons un observatoire régional des circuits courts qui permet de mieux connaître ces exploitations », évoque Véronique Blier, conseillère à la Chambre d’agriculture de Bretagne. Pour « apporter un regard complémentaire, nous avons souhaité créer un baromètre d’opinion qui sera renouvelé chaque année. Il servira à mieux orienter nos actions et accompagnements. »
Ce 1er baromètre, inédit en France, a été réalisé entre juin et juillet 2026 auprès de 258 exploitations bretonnes. Et les résultats montrent que le moral est bon chez ces agriculteurs qui ont fait le choix d’accompagner leurs productions plus loin, dans la transformation et la vente. « Ils se montrent curieux, innovants… Cette ouverture vers l’extérieur est enrichissante », précise Olivier Robert, élu référent circuits courts – agritourisme.
Les consommateurs au rendez-vous
Pour 39 % des répondants, le nombre de clients a augmenté, pour 44 %, il est resté stable. Si le chiffre d’affaires progresse pour 36 %, la rentabilité est en hausse pour 19 % (stable pour 47 %). Sans doute du fait de l’augmentation des coûts, avec une répercussion sur le prix de vente difficile. La charge de travail est une contrainte majeure pour ces producteurs, « 53 % estiment qu’elle est très importante. »
Les résultats du baromètre ont été dévoilés le 6 octobre à Dingé (35), sur l’exploitation de Séverine et Patrick Thézé, en production laitière, viande bovine et cultures. Ils ont souhaité diversifier leurs activités avec la vente de colis de viande bovine il y a plus de 10 ans, puis la mise en place de 2 gîtes. Il y a un an, ils ont installé un distributeur automatique de produits fermiers sur la ferme. Baptisé « Ô Casiers Fermiers », cette activité permet à Séverine Thézé davantage de flexibilité dans ses horaires par rapport au point de vente qu’elle gérait auparavant.
Jusqu’à 3 heures par jour
Dans ses casiers, elle propose de la viande bovine, piécée ou transformée, issue de son exploitation mais aussi d’autres produits venant de 22 fermes et 2 artisans voisins. Ce travail lui demande jusqu’à 3 h/jour. Ce type de local avec les casiers coûte entre 50 et 80 000 €, selon les équipements.
Agnès Cussonneau
Beaucoup de maraîchers
Vente à la ferme, marchés, magasins, paniers… les circuits de vente sont divers. Côté production, 1 036 fermes sont en maraîchage, 562 en arboriculture, 416 en transformation laitière, 373 en viande bovine, 292 en porc, 160 en volaille et 140 en œuf. « Stable sur 5 ans, la part de projets de circuits courts représente 30 % des installations aidées », chiffre Sébastien Clozel de la Chambre d’agriculture. Un point info ‘circuits courts – agrotourisme’ existe au 02 96 79 22 25.

