Sacré Champion de France pour la seconde fois : François Robin, l’ultime moisson des labours

À Saint-Gonlay (35), François Robin boucle sa carrière de laboureur en beauté : sacré au National en labour à plat en 2021, il récidive cette année en planches à Metz. Portrait d'un Breton à la limite d'âge pour retourner au National, mais pas à bout de passion.

Un tracteur en train de labourer un champ lors d'une compétition de labour - Illustration Sacré Champion de France pour la seconde fois : François Robin, l’ultime moisson des labours
Deux participants ont hissé haut les couleurs de la Bretagne, à savoir François Robin qui remporte la catégorie en planches (qui termine ici par la dérayure), et Clément Bougeard dans la catégorie à plat qui termine 12e. 

Il fallait bien un exploit pour marquer la sortie. François Robin, agriculteur installé depuis douze ans à Saint-Gonlay (35), ajoute une ligne rare à son palmarès : après le titre de Champion de France de labour à plat en 2021, le voilà sacré, cinq ans plus tard, dans l’autre catégorie, le labour en planches, dimanche 13 septembre à Metz.

Deux titres, une même exigence

Un double titre national dans les deux disciplines, une première pour un laboureur breton. Ayant atteint la limite d’âge, il ne pourra plus concourir au National. « Une règle qui permet à chacun d’avoir sa chance », glisse-t-il, sans amertume.

Une dernière fois en planches

« Ma catégorie de cœur reste le labour à plat. » Mais curieux de tout, François Robin a voulu se frotter à la planche, discipline chère à son père Jean-François. « J’avais encore une possibilité d’y retourner, alors j’ai saisi l’occasion pour me faire plaisir une dernière fois. J’aime l’ambiance des finales, jusqu’au graal du National. » Qualifié au comice de Saint-Péran (35) en 2025 avec la charrue paternelle, il progresse vite, épaulé par son père et ses entraîneurs Raymond Bouvet et Laurent Génédé, ce dernier ayant été sélectionné deux fois également au National. Sa charrue réversible Kernaland, victorieuse en 2021, est alors reconvertie pour la planche et attelée à son fidèle Renault 781-4S, compagnon depuis ses débuts en 2010, « offrant un bon relevage et un super contrôle d’effort ».

À la recherche du réglage parfait

L’entraînement démarre avant la moisson cet été et s’intensifie après la mi-juillet. « Certains jours, je ne finissais pas une seule planche, à force de chercher le meilleur réglage pour viser la perfection, sans toujours y parvenir… » Chaque parcelle, chaque météo impose son adaptation : « Mais c’est aussi cela qui est intéressant. » La veille du concours, il ajoute 250 kg de masse sur sa charrue et change les pointes. Sécheresse oblige, la terre s’est révélée « indigne », « ne permettant pas de faire de beaux labours », provoquant abandons et casse chez ses concurrents. Même si le règlement n’impose aucune profondeur stricte, il a maintenu une profondeur régulière de sillon de 20 cm, comme lors de son premier titre. « Moins on va profond, plus la charrue est dure à tenir. Je me suis fait peur, suis descendu du tracteur à deux ou trois reprises car la sécurité s’activait et les socs se relevaient. Mais tout a tenu. » Une stratégie gagnante.

La compétition dans le sang

Ancien cycliste, François Robin a toujours aimé se mesurer aux autres. « J’aime la compétition, sans être fan de l’entraînement, mais il n’y a pas le choix pour aller plus loin, au vélo comme au labour, jusque dans notre quotidien de la ferme. On n’a rien sans rien : il faut y passer du temps ! » Et il ne lâche jamais. « La victoire, dit-il, procure une satisfaction indescriptible, la récompense des efforts et de la patience, ainsi que des doutes traversés à l’entraînement ».

Carole David


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