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Céréale : Fertilisation, quelle stratégie pour 2023 ?

Benjamin Collin dévoile des conseils sur le pilotage de la fertilisation des céréales pour l’an prochain. Plus que jamais, il conviendra d’apporter la bonne dose au bon moment.

De 2017 à 2020, les charges à l’hectare pour produire un blé se sont globalement tenues entre 1 400 et 1 600 €. Pour la campagne 2022, le total des charges avoisine les 2 000 € / ha. Avec les cours actuels des engrais azotés, « l’optimum technique est différent de l’optimum technico-économique », résume Benjamin Collin, ingénieur régional chez Arvalis. L’optimum technique s’attache à observer le plafond du rendement par rapport à la dose d’azote apporté. Quand on y ajoute le paramètre coût des intrants, on obtient l’optimum technico-économique.

Une matrice réactualisée

Mais avec la flambée de l’azote et les cours élevés des céréales, les cartes sont rebattues, la dose classique de la méthode du bilan n’est pas forcément à l’optimum technico-économique. Aussi, les équipes d’Arvalis ont dû revoir le tableau à double entrée, en repoussant ses limites, pour conseiller l’écart à la dose calculée par la méthode du bilan suivant le prix de l’engrais et le cours du blé pour obtenir son optimum technico-économique (voir tableau). Benjamin Collin insiste aussi sur les bases de la fertilisation d’une céréale. « Au tallage, les besoins des plantes sont faibles, la CAU (Coefficient apparent d’utilisation) n’est que de 60 % ». Autrement dit et pour 100 unités apportées, seulement 60 unités seront absorbées par la culture. Au stade montaison, un blé aura besoin entre 2 et 4 kg N/ha/jour, ses besoins seront forts. Ce besoin descend à 0,5 kg N/ha/jour à la dernière feuille étalée, mais c’est un stade où la CAU est de 100 %. C’est pourquoi avec un prix élevé de l’azote il peut être judicieux de « mesurer le reliquat en sortie d’hiver, pour saisir les opportunités à réduire la dose au 1er apport (tallage préférentiellement) ». Dans tous les cas, il faut maintenir le dernier apport fin montaison, pour lequel l’azote est très bien converti par la plante en rendement et en protéines.

Ne pas se fier à 2022

Sur la campagne passée, au moment du dernier apport, quasiment aucunes précipitations n’ont été enregistrées par les stations météorologiques bretonnes sur fin avril / début mai pour valoriser ce dernier apport. « Pour autant et en reprenant les années les plus sèches sur 2010-2021 en Bretagne, on a systématiquement des créneaux pour valoriser ces apports fin avril-début mai. Cette période est davantage pluvieuse que le créneau de mars-début avril. On a 80 % de chance d’avoir de la pluie pour valoriser correctement le dernier apport ». 

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