12 % des élevages ont disparu en 6 ans

11414.hr - Illustration 12 % des élevages ont disparu en 6 ans
Les structures de taille importante continuent d’investir.
Les éleveurs sont âgés, les salariés se font rares, le naissage s’efface. Le constat est pessimiste mais certains éleveurs investissent dans le volume ou dans la valeur et donnent de l’élan à la filière.

L’élevage de porcs est à la croisée des chemins. Depuis 2014, un site de production sur 8 a disparu (-1 302 sites) mais, en parallèle, la taille moyenne des élevages restants a augmenté de 16 %. Cette progression en volume dépend de la taille initiale car seules les structures à plus de 5 000 porcs produits par an se développent. Rapidement, entre 5 000 et 10 000 porcs produits ; très rapidement pour les élevages à plus de dix mille porcs. Tous les autres régressent. Le naissage s’est concentré trois fois plus vite que l’engraissement.

Prolificité

« 71 % des sites n’ont pas changé d’activité depuis 2014 », indique Christine Roguet, de l’Ifip, se basant sur une étude « Trajectoire individuelle d’évolution des élevages de porcs en France », présentée aux Journées de la recherche porcine. « Les naisseurs engraisseurs ont produit 1,1 million de charcutiers en plus. 14 % des sites ont cessé leur activité quand 3 % ont démarré. 8 % des sites ont changé d’orientation. Dans 70 % des cas, c’est le naissage qui a été supprimé ». L’impact de cette évolution sur la production est limité, voire plus que compensé, par l’augmentation de la production des sites restés naisseurs-engraisseurs, liée notamment au fort gain de prolificité. Certains producteurs misent sur la valeur ajoutée : transformation d’une partie de la production, vente directe, énergies renouvelables…

Qui investira ?

Les évolutions sont déterminées par les goûts des éleveurs, pour le porc, les projets ou le travail à plusieurs, par la recherche d’autonomie de leur exploitation, de valorisation de leurs produits, et de rationalisation du travail. La principale inquiétude est la démographie et le manque de porteurs de projets. D’après les acteurs de terrain, rares sont les personnes qui veulent travailler dans la production porcine. Les raisons évoquées sont l’image dégradée de la production porcine, la vétusté des porcheries, la communication négative sur les conditions de travail et le revenu. « Ce manque de renouvellement et l’arrêt du naissage pourraient conduire certaines coopératives à investir davantage dans les élevages pour garantir l’approvisionnement en porcelets de leurs adhérents et maintenir leurs volumes de production ». Les maternités collectives ont également un avenir dans cette optique d’arrêt des ateliers individuels de naissage. 


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