Edito

Du miel sans abeilles

Se méfier des apparences. MeliBio n’est pas un miel bio mais le nom d’une start-up californienne spécialisée dans la fabrication de miel biosynthétique. Créée en 2020, cette société de la FoodTech – alliance de l’alimentation et des nouvelles technologies –, annonce « réinventer un métier vieux de 9 000 ans » grâce à la microbiologie de laboratoire.

À tous ceux qui s’émeuvent à l’idée de voir les ruches disparaître des coins de champs au profit d’un miel biofermenté, les fondateurs de MeliBio font valoir que l’apiculture est en fait une menace pour les écosystèmes et notamment pour les abeilles sauvages sévèrement concurrencées sur les fleurs de leur territoire. Et cela de façon encore plus exacerbée dans des pays comme les États-Unis où les butineuses domestiques sont exploitées intensivement pour la pollinisation des fruitiers, à l’instar de ce million de ruches qui transhument chaque printemps vers les grosses fermes spécialisées dans la culture d’amandiers. Et tant pis si les apiculteurs récupèrent (ou pas) leurs ruches en état – en 2020, une colonie américaine sur 3 a péri – puisque leur rémunération tient davantage à la mise à disposition des abeilles pour féconder les fruitiers (200 $/ruche) qu’à la vente de miel.

Les premiers bocaux de « miel sans les abeilles » de la star-up américaine devraient être commercialisés dans quelques mois. Un « vrai miel » argue MeliBio. Et, est-il moins « vrai » en effet que le miel adultéré du premier exportateur mondial, la Chine, dont les produits sont reconnus chargés d’eau et de sirop de sucre. Le consommateur tranchera… et l’essaim d’acteurs économiques continuera de faire son miel sur ce marché mondial du « nectar des dieux » estimé à 1,8 million de tonnes. Un marché largement déficitaire, particulièrement fructueux.

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