Cultures

Conserver ses potimarrons jusqu’à la fin de l’hiver

La conservation des potimarrons s’avère difficile, passé une certaine période de l’année. Le point sur les essais menés par la Chambre d’agriculture afin de garder commercialisable
ces fruits jusqu’au début du printemps.

Si l’itinéraire de production des potimarrons est relativement simple, avec un semis de mai pour une récolte de mi-septembre à octobre selon les régions, la conservation des fruits n’en reste pas moins problématique pour les producteurs. La date charnière de Noël passée, des pourritures diverses apparaissent, rendant ces cucurbitacées impropres à la commercialisation.

Les stations de la Chambre d’agriculture d’Auray (56) et de Saint-Pol-de-Léon (29) ont listé les solutions permettant d’allonger la durée de conservation des récoltes. « Nous avons mis en essais différentes variétés, et si des différences sont avérées dans la conservation, c’est Orange Summer qui fait référence en termes de rendement, conservation et forme des fruits », explique Solenn Pérennec, conseillère maraîchage à la Chambre régionale d’agriculture. Si certaines variétés sont plus prometteuses en longévité de stockage, elles n’assurent pas des rendements comparables à la variété plébiscitée par les producteurs.

Maîtriser le stockage

Une autre piste a alors été étudiée, en privilégiant un stockage des fruits entre 10 et 14 °C, pour une hygrométrie inférieure à 70 %. « Les conditions de stockage ont un effet en théorie, à condition de bien contrôler l’environnement. Mais un problème se pose chez les producteurs, les potimarrons étant stockés en palox où il est difficile de maîtriser l’ambiance à l’intérieur même de ceux-ci ». Autre point, les fruits entreposés doivent être exempts de pourriture dès le début du stockage, et les palox doivent être suffisamment ajourés.
Les conseillers se sont ensuite penchés sur l’itinéraire technique en lui-même, en regardant l’incidence des dates de semis et de récolte, afin de jouer sur le stade de maturité. Le levier du décalage de la date de semis a vite été abandonné, les rendements étant fortement impactés, et surtout sans réel effet sur la conservation.

La présence de didymella rend  les fruits non commercialisables.
La présence de didymella rend les fruits non commercialisables.

Jouer sur la date de récolte

En revanche, la date de récolte des potimarrons a un fort effet sur l’allongement de la tenue dans le temps. Les essais ont porté sur 4 dates de récoltes, avec des fruits récoltés selon les habitudes des producteurs (du 15 septembre au début octobre selon les départements de production), en sous-maturité (courant juillet), à l’optimum (avec des fruits de couleur et de calibre correct, et un début de sénescence des feuilles). Une dernière modalité observait l’état de conservation avec une récolte en surmaturité. Si les meilleures conservations ont été observées sur les potimarrons récoltés en sous-maturité et à l’optimum, des différences, notamment gustatives, ont été remarquées entre ces deux protocoles. « Les potimarrons récoltés en sous-maturité perdent en goût, contrairement aux récoltes à l’optimum qui conservent taux de sucre, de matière sèche ainsi qu’une bonne fermeté de la peau », note Solenn Pérennec.

Étaler les chantiers

Ces enseignements font observer à la conseillère que « les récoltes plus précoces n’arrangent pas forcément les producteurs, déjà attelés à la plantation de choux ». De plus, le feuillage présent lors de ces récoltes ne facilite pas la coupe des fruits, réalisée habituellement avec un feuillage complètement absent. Pour autant, cette piste de récolte précoce semble être la bonne voie, les fruits stockés se conservant aussi plus longtemps quand ils sont ramassés sitôt coupés, sans être laissés au champ. Un choix peut aussi être envisagé suivant la date de commercialisation des potimarrons, en récoltant tôt seulement les fruits commercialisés après l’hiver.

Tout un panel de maladies
Les potimarrons sont touchés par plusieurs pathogènes durant la phase de conservation, composés principalement par de la fusariose ou du didymella (pourriture noire). « Après Noël, des pathogènes de dégradation se manifestent aussi, comme de l’alternaria ou même du botrytis. Il subsiste aussi une flore diverse due à des fruits récoltés trop mûrs ».
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