Cultures

Quelle variété choisir pour l’ensilage de maïs épi ?

Pour optimiser un ensilage de maïs épi, mieux vaut se tourner vers un maïs grain, produisant moins de volume, ainsi que vers des grains cornés, moins acidogènes.

L’ensilage de maïs épi est une solution mixte qui offre l’avantage de fournir un fourrage qui concentre les teneurs en amidon, et donc en énergie. Utilisé dans des systèmes de production où l’herbe (pâturée, ensilée ou en affouragement en vert) est présente en forte proportion, l’ensilage de maïs épi s’adapte aussi très bien aux éleveurs cultivant de la luzerne. Mais quel type de variété de maïs choisir pour produire ce fourrage concentré ? « Les variétés typées grains sont les plus adaptées, en préférant les maïs cornés. Ils sont plus vigoureux au démarrage, et ont des états sanitaires meilleurs en fin de cycle, notamment sur le critère fusariose de l’épi. Les grains cornés sont plus vitreux, donc moins acidogènes, contrairement à un grain denté qui sera plus farineux.

L’amidon des grains vitreux sera valorisé par l’animal dans le rumen et dans l’intestin », confie Benoît Delord, chef de marché nutrition animale chez le fournisseur de semences LG. À la récolte, le seuil de 38 % de matière sèche plante entière est à viser, ce qui repousse à une dizaine de jours le chantier par rapport à un ensilage classique et à précocité variétale identique. « C’est aussi une manière d’étaler les chantiers de récolte pour les entrepreneurs », le maïs épi se calant alors entre l’ensilage et la moisson de grain. Pour la partie agronomique, le maïs épi a l’avantage de restituer fortement de la matière organique au champ, à la manière d’un maïs grain.

Cibler les parcelles avec du grain

Daniel Arzur, producteur de lait et de porc à Bourg-Blanc (29), ensile 5 ha en maïs épi sur les 70 ha implantés en maïs. 30 ha partent en ensilage pour nourrir les vaches laitières, et 35 ha sont moissonnés pour l’alimentation des porcs et en culture de vente. Au semis, le producteur ne choisit pas forcément des variétés spécifiques à la récolte maïs épi. « Selon la maturité des plantes, nous adaptons nos techniques de récolte au potentiel des cultures. Les parcelles les plus saines (sans helminthosporiose) sont réservées à l’ensilage plante entière, les variétés typées grains et les plus mûres sont réservées aux cochons ».

Le producteur, qui recherche avant tout la concentration de l’énergie, distribue le maïs épi au mois d’avril. En hiver, les vaches sont alimentées avec une ration comprenant du maïs ensilage plante entière, de la betterave et de l’ensilage d’herbe. « Quand nous avons terminé le stock de betteraves et quand la pousse de l’herbe est importante, nous affourrageons en vert, avec du maïs épi qui, très concentré en UF, nous permet de distribuer de grandes quantités d’herbe. C’est une ration complète qui ne nécessite pas de correcteurs ». Le maïs épi est stocké à plat comme un ensilage, dans un petit silo qui garantira une vitesse d’avancement du tas suffisante. 

La bonne précocité

Lors du semis de son maïs, il convient comme pour un maïs ensilé ou récolté en grain de bien choisir la précocité de la variété. « L’objectif est différent, il ne s’agit pas de produire de gros volumes », rappelle Benoît Delord. « Avec une variété trop tardive, le risque est de récolter les épis qui ne sont pas suffisamment avancés. Aussi, une variété plus précoce possédera une meilleure vigueur au démarrage et couvrira plus rapidement le sol ne laissant alors que peu de place pour le développement des adventices ».

Ensiler du maïs grain et coupe haute : la fausse bonne idée
Dans certaines conditions l’ensilage de maïs typés grain est inévitable. Dans la mesure du possible, mieux vaut éviter d’ensiler ce type de parcelle. « Les maïs grains sont sélectionnés pour leurs fortes teneurs de matière sèche dans les épis, avec un gabarit tige et feuille réduit, ne produisant alors que peu de tonnage. Leur sélection ne porte pas non plus sur les valeurs alimentaires, la digestibilité de ces tiges et de ces feuilles est très moyenne ». Les variétés mixtes sont un bon compromis quand le devenir de la parcelle est incertain.

Un ratio gains/pertes désavantageux

Pour les récoltes en coupe haute, Benoît Delord estime que c’est une solution faisable et qui a le mérite de ne pas « nécessiter d’adaptation de la machine. C’est une façon de concentrer l’énergie dans le fourrage, en augmentant la proportion épi/plante entière, ainsi que les valeurs UF. Pour autant, la coupe haute est à réserver à de rares cas où la biomasse de la parcelle est très importante, mais le bénéfice n’est pas avéré ».

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