Edito

Les (dé)connectés

Il n’est pas question de « division des eaux du ciel et de la terre » comme dans les 7 jours de la Création, mais de multiplication. Sept fois en une heure de la « matinale » du 28 novembre dernier, l’animateur d’une radio bien parisienne a répété que le temps était « maussade » sur l’Ouest. Maussade ? Non, pluvieux. Car la pluie n’est pas forcément le mauvais temps a-t-on envie de crier dans le poste. Surtout en novembre et décembre, mois bénis pour reconstituer les réserves d’eau pour l’été prochain.

À la campagne, qui ignore que les sources se remplissent quand les jours désemplissent ? Les 15 jours de pluie que nous venons de vivre ne sont donc pas maussades mais – Osons l’invention ? – « beaussades ». À l’heure du changement climatique, la pluie est une ressource naturelle de plus en plus précieuse. Ne dit-on pas qu’une belle pluie est d’or. Et sur ce plan, la Bretagne pourrait faire de plusieurs envieux dans les décennies à venir en devenant la grande fourragère de l’Europe. Mais la ville, qui souvent fait la pluie et le beau temps, ne se préoccupe de savoir quand se remplissent les puits et les granges. Et encore moins où sera produite l’alimentation du futur.

La météo est devenue un bien de consommation comme un autre. Si Évelyne annonce du soleil en fin de semaine, le week-end sera aubaine. Si Noël est en flocons, ce sera tout bon. Le temps de l’immédiateté souffle aussi sur les nuages. La nature a beau être la compagne du temps long, l’humain vit aujourd’hui hors du temps de sa nature. Pas surprenant donc que l’homme connecté, mais finalement si déconnecté, soit étonné ne pas trouver pommes de terre nouvelles et cerises à Noël. Alors que c’est du contraire qu’il devrait s’étonner.

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