Energies et environnement

Les ETA ne croient plus au Plan Ecophyto 2+

Alors que la campagne publicitaire du nouveau plan Ecophyto 2+ bat son plein dans les médias (presse papier, radio, télé, internet), les entrepreneurs de travaux agricoles s’agacent « des effets d’annonces qui ne font pas avancer les dossiers ».

A la différence des agriculteurs soumis à Certiphyto (tous les 5 ans), « en tant qu’Applicateur en prestation de services, nous sommes contrôlés tous les 18 mois, pour maintenir notre agrément préfectoral », s’emporte Frédéric Jan, président du syndicat Entrepreneurs des territoire Bretagne (EDT). « L’État exige que nous incitions par écrit -sous peine de sanctions- sur nos bons de chantier et factures nos clients agriculteurs à remplacer l’application d’un produit phytosanitaire avec passage de pulvérisateur par une prestation de binage… Mais l’Etat nous exclut du plan d’aides à l’acquisition de bineuses, financé par l’Agence de l’Eau. » Pour le responsable, « c’est totalement incohérent ! » Le dossier a été porté au Ministère de l’Agriculture et à l’Agence de l’Eau. « Mais nos courriers sont pour l’instant restés lettre morte… », regrette le Morbihannais.
Pourtant, sur les 210 entreprises agrées pour l’application de produits phytosanitaires en Bretagne, une cinquantaine d’entreprises auraient des projets d’acquisition de bineuses, rapporte-t-on du côté d’EDT Bretagne. Mais sans aide, ce renouvellement de matériel n’est pas viable économiquement, jugent les représentants régionaux de la corporation.

Aujourd’hui, une exploitation qui acquiert une bineuse est subventionnée pour cet achat. Mais pas une ETA. « Il faut savoir ce que l’on veut ! Si on pousse les éleveurs à changer de pratiques, il est nécessaire de nous aider également à investir afin de proposer cette prestation avec un matériel qui, de fait, est mutualisé », insiste Frédéric Jan. Autre revendication : que la prestation de binage par ETA soit reconnue dans le cadre des Certificats d’économie de produits phytosanitaires (CEPP) : « Aujourd’hui, un agriculteur reçoit des points de sa coopérative s’il achète une bineuse à titre individuel, pas s’il fait biner chez lui par ETA où le matériel est à usage collectif. » La facture de bineuse est reconnue, pas celle de binage…

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