Élevage

Quel élevage porcin pour demain ?

Quel élevage pour demain ? C’est la question que se sont posée les éleveurs de la commission technique professionnelle du groupement porc de Triskalia, qui organisait vendredi 25 mai à Carhaix un forum technique sur le thème « L’élevage de demain ».

Près de 200 personnes (éleveurs, techniciens, partenaires, lycéens…) ont participé à la journée animée par Aurélien Amiaux, responsable de l’animation technique au Groupement porc. De nombreux thèmes ont été abordés lors de ce forum : quelles orientations alimentaires et génétiques pour demain ? Quelle productivité et comment y arriver ? Quelles pratiques pour réussir la démédication antibiotique ? Un focus a également été fait sur la problématique de la main-d’œuvre en élevage et les solutions pour attirer, voire simplement garder ses salariés. Les interventions de référents techniques ont alterné avec des vidéos et témoignages d’éleveurs.

Le défi de la main-d’œuvre en élevage

« Après 2 heures sur une tâche, l’efficacité du travail diminue. Une de nos solutions est de faire les tâches pénibles en commun pour en réduire la durée », explique Alain Cornec.
« Après 2 heures sur une tâche, l’efficacité du travail diminue. Une de nos solutions est de faire les tâches pénibles en commun pour en réduire la durée », explique Alain Cornec.

« Les tâches qu’on n’aime pas faire, les salariés n’aiment pas les faire non plus ! », tel est le constat fait par Alain Cornec, lors de son intervention au forum. Son élevage, qu’il gère avec son frère, emploie 3 salariés et le turn-over est plutôt faible : les salariés ont tous plus de 5 ans d’ancienneté. Alain et Henri Cornec ont fait de la réduction de la pénibilité au travail et de la communication avec leurs salariés, des priorités dans leur exploitation. Deux temps d’échanges quotidiens sont instaurés : en milieu de matinée, la pause de 20 à 30 min à la « maison des salariés » permet de discuter et d’échanger des informations. En milieu d’après-midi, les salariés ont une nouvelle pause, un peu plus courte. « La pénibilité au travail est un frein à l’efficacité et à la qualité du travail », constate Alain Cornec. « Pour améliorer les conditions de travail, nous avons décidé d’associer les salariés à la réflexion des équipements et à l’organisation du travail lors du projet de post-sevrage. » Par ailleurs, le choix a été fait d’assurer les tâches les plus pénibles en commun : ceci permet de réduire la durée de la tâche (lavage, vaccination…) et apporte de la polyvalence au niveau des salariés.

Pour réduire la pénibilité, une fosse de vaccination a été créée dans le nouveau post-sevrage, trois pompes de lavage sont disponibles permettant à trois laveurs de travailler en même temps et enfin, le déplacement des porcelets a été facilité grâce à un ascenseur à porcelets. Prochain projet à l’étude : le robot de lavage. Lors de son intervention, Sylvie Le Clec’h-Ropers, du Sdaec-Terralliance, a confirmé l’importance de placer l’humain au cœur de l’exploitation : « L’éleveur doit être bien dans son outil, définir la vision à court et moyen terme de son élevage, et, s’il a des salariés, savoir les impliquer dans son projet d’élevage », explique-t-elle. « Si on choisit d’avoir des salariés, il faut savoir les manager car le vivier de candidatures s’est fortement réduit et les compétences se raréfient ».

Comment la génétique prépare les élevages de demain

Pour Michel Sourdioux, directeur d’Axiom, « la productivité devient indissociable du bien-être animal et de la robustesse des porcelets ».
Pour Michel Sourdioux, directeur d’Axiom, « la productivité devient indissociable du bien-être animal et de la robustesse des porcelets ».

Michel Sourdioux, le directeur d’Axiom, est intervenu lors du forum pour présenter les grands axes de travail de la génétique, visant à anticiper et imaginer les besoins de demain. Les critères économiques (efficacité alimentaire, productivité) restent des axes principaux de sélection. Cependant, dans un contexte qui change du fait d’une compétition accrue des matières premières et des problématiques de bien-être animal, « la productivité devient indissociable du bien-être animal et de la robustesse des porcelets pour limiter la mortalité, et être en phase avec les attentes sociétales », explique Michel Sourdioux. Les critères de qualité des carcasses et de la viande (taux de muscle, gras) sont également des axes privilégiés de sélection car les attentes s’accroissent en termes de qualité. Les méthodes de sélection évoluent, sont plus performantes et offrent de nouvelles perspectives. François Le Borgne, éleveur à Sainte-Brigitte (56), met à profit sa formation en automatisme et ses 10 ans d’expérience en bureau d’études, pour automatiser un maximum son élevage et centraliser le pilotage de son installation.

Voici les quelques exemples d’automatisations et de contrôles à distance mis en place : des capteurs en fin de chaîne de distribution pour détecter des bourrages, des compteurs d’eau connectés, des sondes de frigo et de ventilation connectées à l’interface centralisée. « L’élevage connecté me permet d’être plus serein dans la surveillance quotidienne et de créer des alertes pour réagir plus rapidement. Cela permet également plus de précision et l’amélioration des performances », précise François Le Borgne. « J’ai de nouveaux projets, comme les purges d’eau automatiques en nurserie ou encore les sondes de températures dans les cellules de stockage de céréales ».

François Le Borgne, éleveur post-sevreur engraisseur à Sainte Brigitte : l’automatisme au service de son élevage.
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