Politique et Syndicalisme

Commerce : les Vingt-huit face au protectionnisme américain

Alors que le projet d’accord de libre-échange euro-américain est à l’arrêt, les ministres du commerce de l’UE sont décidés à défendre le système multilatéral de l’OMC, dont les États-Unis semblent vouloir s’éloigner.

Les ministres du commerce de l’UE, réunis en session informelle les 2 et 3 mars à La Valette, ont affirmé leur soutien ferme au système multilatéral de l’OMC auquel la nouvelle administration américaine ne s’estime « pas directement soumise ». Ils ont reçu à cette occasion le directeur général de l’organisation mondiale, Roberto Azevêdo, venu demander leur appui car, « (sa) voix seule n’est pas suffisante ».

« Signaux inquiétants »

« Il faut prendre très au sérieux les menaces de Donald Trump sur l’OMC et sur l’Onu », a averti dans la capitale maltaise le secrétaire d’État français au commerce extérieur, Matthias Fekl. « Nous sommes dans un monde avec de plus en plus de protectionnisme, comme le montrent le Brexit et l’élection américaine. Il est important pour l’UE d’être un chef de file dans l’approche multilatérale », a estimé pour sa part le ministre belge des affaires étrangères, Didier Reynders. La commissaire européenne au commerce, Cecilia Malmström, a admis que « les signaux (venant des États-Unis) sont inquiétants ». « Nous avons besoin qu’ils s’engagent, nous devons coopérer avec eux, nous devons être constructifs, espérons qu’ils le seront », a-t-elle dit. Le secrétaire américain au commerce, Wilbur Ross, a déclaré le 3 mars que, « du point de vue des États-Unis, il y a au moins de petits réglages qui sont, je pense, nécessaires à l’OMC ».

Le Ceta, avec le Canada, affirme l’ambition de l’Union européenne

Les chefs d’État et de gouvernement de l’UE ont réaffirmé, les 9 et 10 mars à Bruxelles, leur engagement en faveur du libre-échange et d’un système multilatéral régi par l’OMC. Espérant la mise en œuvre provisoire « imminente » de l’accord avec le Canada (Ceta), ils devaient saluer, à travers cet accord, « un signal clair au moment où les tendances protectionnistes réapparaissent », et rappeler le « ferme attachement » de l’Union « à une politique commerciale robuste et à un système commercial multilatéral ouvert et fondé sur des règles, avec un rôle central pour l’OMC ».

Selon le projet de conclusions, les dirigeants des Vingt-huit devaient aussi souligner, parallèlement, la nécessité pour l’Union de « se doter d’outils modernisés et compatibles avec l’OMC pour lutter contre les pratiques commerciales déloyales et les distorsions du marché ».

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