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Handi’chiens Bretagne : super chien à la rescousse

Handi’chiens Bretagne forme et remet des animaux aux personnes en situation de handicap. Une présence stimulante et sociabilisante.

« Chez nous, on ne dresse pas les chiens, on les éduque », lance d’entrée Sophie Collin, responsable d’Handi’chiens Bretagne. Cette association, pendant régional de l’institution française, a été créée en 2003 à Saint-Brandan (22). Objectif : remettre gratuitement un chien à des personnes en situation de handicap. Ces animaux qui suivent d’abord un programme de formation exigeant changent souvent en profondeur la vie de leur maître.

« Mon chien trie le linge sale »

Installé à la Chapelle-des-Fougeretz (35), Amaury Daugan se déplace en fauteuil électrique. Certaines tâches quotidiennes sont difficiles voire impossibles à réaliser pour lui. Dès 2003, il a été accompagné par un animal remis par l’association. « Mon chien d’assistance m’offre une aide physique et technique pour ramasser des objets par terre comme
télécommande, téléphone ou clés. Il sait rapporter sa laisse, sa gamelle ou un vêtement rangé dans un meuble… » Plus incroyable encore : « J’apprends à Jingle à vider le panier de linge sale, à le trier et à le glisser dans le tambour de la machine à laver. Mais aussi à sortir le tapis et à le secouer… Ou à attraper des produits, en fonction de leur préhension, dans les rayons de supermarché », sourit-il.

Amaury Daugan, installé à la Chapelle-des-Fougeretz (35), a reçu son premier chien d’assistance en 2003. Il y a deux mois, l’association lui a confié Jingle, son nouveau compagnon de route vers l’autonomie. « Dans mon environnement citadin, il a fallu rapidement lui faire comprendre le trafic routier, la traversée des rues… »
Amaury Daugan, installé à la Chapelle-des-Fougeretz (35), a reçu son premier chien d’assistance en 2003. Il y a deux mois, l’association lui a confié Jingle, son nouveau compagnon de route vers l’autonomie. « Dans mon environnement citadin, il a fallu rapidement lui faire comprendre le trafic routier, la traversée des rues… »

À chaque instant, le compagnon favorise l’autonomie. Pour Amaury, il est ainsi très utile au moment de l’habillage – déshabillage. « Jingle est capable d’ouvrir les scratch de mes sandales, de tirer sur une chaussette ou une jambe de pantalon… » Et au-delà de tout cela, « mon chien est un vecteur social énorme. J’ai fait une foule de rencontres car les gens viennent d’abord voir l’animal et sont donc moins rebutés par le handicap », apprécie Amaury.  

Super pouvoir jusqu’en établissement spécialisé

En 2015, Handi’chiens Bretagne a remis 30 chiens. « Pour obtenir d’excellents binômes », l’équipe (8 personnes) s’efforce de former des chiens adaptés à chaque situation de handicap et même à chaque personnalité. « Nous repérons et achetons les chiots à 8 semaines dans les meilleurs élevages de France. Des labradors ou des golden retriever, chiens de gibier d’eau sympas, sociables et qui ont naturellement la faculté de rapporter. Ensuite, nous travaillons à développer cette qualité », explique Sophie Collin.

Au départ, « les animaux sont de vraies pâtes à modeler ». Au cours de leur éducation (ils sont confiés vers l’âge de 24 mois), ils se spécialisent en fonction de leurs profil, tempérament et aptitudes. Les chiens d’assistance, comme celui d’Amaury, s’adressent « à tous les types de personnes handicapées moteur ».

Les chiens d’éveil sont, eux, confiés à des enfants ou jeunes adultes autistes, trisomiques ou polyhandicapés. « Les référents du chien, dans ce type de projet personnalisé, sont alors les parents. L’intégration de l’animal sert à développer le langage en relation avec l’orthophoniste, à stimuler la motricité… Il y a souvent un impact positif qui rejaillit sur toute la famille qui se remet à faire des choses ensemble grâce au chien qui fédère. De jeunes autistes passent enfin des nuits apaisées grâce à la présence du compagnon dans la chambre. Les parents parlent parfois du “super pouvoir” du chien… », explique Sophie Collin.    

À la caisse du supermarché, Havane se charge d’effectuer la transaction pour sa référente Kristyna.
À la caisse du supermarché, Havane se charge d’effectuer la transaction pour sa référente Kristyna.

Il existe également des chiens d’accompagnement social. Ceux-ci correspondent à un projet d’établissement : Ehpad, Institut médico-éducatif (IME), Foyer d’accueil médicalisé (Fam)… « L’animal fait partie du personnel à part entière : il embauche le matin et part le soir au domicile d’un référent animateur, ergothérapeuthe, kiné… » Le chien apporte « du vivant dans un lieu de vie ». Une présence stimulante pour tous : « Dans des cas d’Alzheimer, il apaise au moment du lever des personnes qui se focalisent sur lui et facilite le travail des aidants. Il est aussi support pour des ateliers de mémoire. Grâce à la promenade, il pousse les gens à sortir prendre l’air. Il permet de travailler la motricité fine pour le toilettage par exemple. Des kinés ont vu s’ouvrir vers le chien des mains qu’eux n’arrivaient pas à activer… »

À la gare, Goon (bien identifiable grâce à sa cape d’handi’chiens) fait un « up » au comptoir pour que son référent Victor récupère ses billets.
À la gare, Goon (bien identifiable grâce à sa cape d’handi’chiens) fait un « up » au comptoir pour que son référent Victor récupère ses billets.

Détecter l’épilepsie

Et à l’avenir, l’association espère proposer des « chiens d’alerte » capables de détecter une crise d’épilepsie avant qu’elle ne se manifeste. « L’animal change alors d’attitude pour prévenir son référent qui peut anticiper et se mettre en sécurité, prendre un médicament pour réduire l’intensité de la crise ou alerter quelqu’un… » En Angleterre, aux États-Unis ou en Belgique, des chiens d’alerte travaillent déjà. « Ce serait olfactif… Certains chiens ont cette faculté qu’il faut leur apprendre à développer… »  
Se faire connaître

Aujourd’hui, Handi’chiens (33 salariés en France) fonctionne grâce à des dons (particuliers, entreprises, fondations d’entreprise, associations, clubs service…), des actions de soutien « et seulement 4 % de subventions publiques. » Les 2 ans d’éducation d’un chien coûtant 15 000 €, le réseau est ouvert à tout nouveau financement pour soutenir leur mission. Et cherche également à « mieux se faire connaître des professions de santé » dans l’idée de placer de nouveaux handi’chiens là où ils sont les plus utiles.

Un chien seulement le week-end ?
« Le week-end, quand nous ne sommes pas au centre, les chiens s’ennuient », rapporte Sophie Collin. Pendant leurs 6 mois de formation, Handi’chiens Bretagne propose donc de les confier à des particuliers volontaires. « Les personnes s’engagent pour un semestre à récupérer l’animal le vendredi et à le rapporter le lundi à Saint-Brandan. Cela permet au chien d’avoir une vie de famille, un moment dédié uniquement à la détente pour se reposer, se promener, courir détaché, renifler… Prendre du bon temps est essentiel à son équilibre. Il est ainsi plus relax et performant pour reprendre la semaine de travail d’apprentissage. » Une solution souple pour les personnes très occupées par leur travail en semaine ou pour des familles séparées où les enfants ne sont là que les week-ends.

Porte ouverte le 11 septembre

Pour découvrir l’association et le rôle des handi’chiens, rendez-vous au Centre (ZA du Pont Camet) à Saint-Brandan (22) samedi 11 septembre, 10 h à 18 h : visite du site, démonstration de chien d’assistance, échanges avec les familles d’accueil et les bénéficiaires, animations, restauration…  
Plus d’infos : www.handichiens.org ou Handi’chiens Bretagne au 02 96 58 18 40 ou handichiens.bretagne@wanadoo.fr

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