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Les économies d’intrants au cœur du débat

Un groupe d’agriculteurs s’est réuni à Plumelin, pour discuter de leurs pratiques culturales. Celles de  Jean-François Mandard ont servi de base aux échanges sur les économies d’intrants.

L’exploitation de Jean-François Mandard comprend un atelier laitier de 50 vaches et un atelier cultures de 37 hectares, avec une rotation classique dans la région : blé, couvert végétal, maïs. Exit l’orge, aux rendements insuffisants sur la ferme et le triticale jugé moins rentable que le blé. « L’idée est d’allonger la rotation avec l’introduction d’un colza », explique l’éleveur. Il redoute cependant le développement des adventices. Une crainte non fondée pour l’un de ses collègues présents. « En implantant une céréale derrière le colza, après un bon déchaumage, il n’y a pas de problème. Il faut, par contre, être vigilant au démarrage à la présence de limaces ».

Les couverts végétaux implantés sont des espèces gélives. Ces dernières années, les plantes ont résisté au froid. Elles ont été détruites par un passage précoce de cover crop. Deux passages de canadien ont été réalisés par la suite après les épandages de fumiers (30 tonnes/hectare) et des boues chaulées d’une usine agroalimentaire voisine, avant les semis de maïs. « À l’avenir, j’effectuerai un broyage de la biomasse pour éviter le passage d’un cover crop, à une période encore humide ».

Engrais starter en maïs ?

Le maïs suivant bénéficie d’un traitement herbicide en pré et post-levée (présence de véroniques) puis d’un rattrapage localisé éventuel en présence de liserons ou de chardons. L’éleveur n’apporte plus d’engrais starter depuis quelques années mais pense revoir sa pratique. « Je vais en remettre l’an prochain. Le maïs démarre mieux et couvre le sol plus rapidement. Cela peut éviter de nouvelles levées d’adventices par la suite ». Des essais de désherbage mécanique à la houe rotative ont été réalisés. « Le sol n’était pas assez plat (passages de roues). L’efficacité est donc limitée ».

Quant au binage, l’éleveur estime avoir des parcelles trop petites et pas assez rectangulaires pour l’adopter. Les charges liées aux intrants (engrais et traitements) sont de 210 à 300 €/ha. Les rendements sont de 80 à 90 q en moyenne en grain, par hectare, et de 13 tonnes de matière sèche en ensilage.
Les parcelles récoltées en grain sont labourées. Après le semis de blé, les parcelles humides ont un traitement herbicide total en prélevée, les autres sont traitées au printemps. Un rattrapage peut être effectué contre le gaillet en cas de besoin.

Un à deux fongicides sur blé

L’éleveur tente de limiter les dépenses de fongicides à 80 – 100 €/hectare. « Les rendements sont limités et j’essaie d’intervenir le moins souvent pour réduire la charge de travail ». Un à deux fongicides sont réalisés (septoriose) en fonction des besoins. La fertilisation (ammonitrate) est fractionnée. « J’apporte généralement 30 unités d’azote au début du tallage, 100 unités au stade épi 1 cm et 40 unités au stade gonflement. L’objectif est d’atteindre 11 points de protéines ».

Les charges d’engrais et de traitements sont de 490 à 550 €/ha. Les rendements sont, en moyenne, de 75 à 80 q/ha. Au total, les charges de mécanisation sont de 470 €/ha de culture. « Les semis et les labours sont délégués à l’ETA depuis cette année. Avant, mon père réalisait certains travaux ». Le recours à l’ETA sera, à terme, généralisé pour alléger la charge de travail.

Silo de maïs fermé d’avril à octobre

50 hectares de surface fourragère, relativement groupés et accessibles aux laitières, sont consacrés aux animaux (50 vaches et la suite). Une trentaine d’hectares sont potentiellement irrigables en raison de la présence d’un réseau d’eau installé pour les besoins d’une usine agroalimentaire voisine (épandage des eaux usées). Le silo de maïs est donc fermé du mois d’avril à octobre. La ration d’herbe, pâturée ou ensilée, est complétée pendant cette période par du maïs grain à hauteur de 4 kg avant insémination. Ensuite, la quantité, distribuée en salle de traite, diminue progressivement. Le maïs est préféré à l’orge en raison de l’augmentation d’un point de TP, en moyenne. Sur les 17 hectares de maïs, 7 à 8 seulement sont ensilés.

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