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Le polyuréthane isole les poulaillers anciens

Appliquée à l’intérieur ou à l’extérieur, la mousse expansée de polyuréthane est utilisée pour améliorer l’isolation de porcheries ou de poulaillers lors de rénovation. Après chantier, René Le Du, aviculteur, note une véritable amélioration des performances.

« Les poulets sont moins beaux quand ils sont élevés dans un bâtiment mal isolé car la température est moins homogène dans l’enceinte, il peut y avoir des courants d’air froid sur les animaux et la litière est plus difficile à gérer », explique d’emblée René Le Du, aviculteur dans le Finistère. Voilà pourquoi, sur son site de Scaër, un des poulaillers a été rénové en 2011 en l’isolant avec de la mousse expansée de polyuréthane. « À l’intérieur, le plafond en plaques de styrodur ainsi que les pignons ont été recouverts. Cette couche renforce le bâtiment : elle fait bloc, crée une coque. Au départ, je craignais que cela complique le nettoyage car le matériau apparaît moins lisse que des plaques, mais finalement cela ne pose aucun problème  », poursuit-il.

En poulailler, beaucoup de soubassements

À l’extérieur, les soubassements (le bas des murs) ont également été traités. « C’est une zone cruciale car s’il y a un pont thermique, un défaut dans l’isolation à hauteur des poussins, la litière se dégrade plus vite », poursuit Guénaël Le Marec, chez Soprométal, société concarnoise qui réalise les travaux. « Dans ce type de chantier, le gros gain en économie d’énergie provient de l’isolation du plafond. Le traitement des soubassements joue davantage en faveur du bien-être des animaux ». Deux leviers essentiels pour assurer de la rentabilité en volaille.

Le spécialiste précise que beaucoup de demandes concernent d’ailleurs les soubassements. « Sur un poulailler, cela représente une surface de l’ordre de 100 m2 à couvrir. Le coût d’un chantier est compris entre 2 300 et 3 000 € en fonction de la distance d’approche de l’exploitation, de la surface exacte à couvrir et de l’épaisseur de mousse appliquée. » Peinture protectrice comprise car le polyuréthane se dégrade quand il est soumis aux rayons UV de la lumière du soleil. « C’est une peinture élastomère spécifique développée par les fournisseurs de mousse. Très élastique, elle est capable de suivre, sans craqueler, les mouvements du polyuréthane dont les cellules constitutives évoluent en fonction de la pression atmosphérique. »

Projeté sur une surface bien sèche

En extérieur, le procédé peu bruyant permet de travailler quand les animaux sont là s’il n’y a pas de trappe ou de ventilateur sur la façade. En intérieur, il faut d’abord démonter le matériel (chaînes d’alimentation et pipettes sous une bâche). Le polyuréthane doit être projeté sur une surface propre, dépoussiérée, dégraissée et parfaitement sèche.
Repère : un soubassement est couvert dans la journée. L’unité de projection (déplacée en fourgon) chauffe et met en pression des liquides à mélanger. Ensuite, au contact de l’air, se produit l’expansion de la mousse. Une couche d’accrochage avant deux couches supplémentaires d’1,5 à 2 cm. Au final, le matériau pèse
33 kg / m3 ou 2 kg / m2. Au toucher, la mousse sèche en 2 secondes, mais il faut 6 heures pour qu’elle soit complètement stabilisée. Après la projection, compter 2 heures pour peindre la surface au pistolet.

Tarifs indicatifs :

  1. Mousse polyuréthane sur plafond “styrodur” ou fibro plat de bâtiment de 1 000 m² :
    • Mousse standard (30 kg / m3, classement au feu m3) : 9 à 11,50 € / m2 pour épaisseur de 2 cm (12 à 14 € pour 3 cm)
    • Mousse classement au feu M1 (auto extinguible) : 10 à 12 € / m2 (2cm), 12,5 à 14,5 € / m2 (3 cm)
  2. Isolation extérieure (façades, soubassements, pignons…) : Mousse avec peinture anti-UV : 21,50 à 24,50 € / m2 pour 3 cm d’épaisseur.

Presque 50 % d’économie de gaz

À l’arrivée, après près de 15 000 € de travaux (plafond et soubassements), « la consommation de gaz du bâtiment de 1 200 m2 a baissé de 21 m3 par an à 11 m3. » Satisfait de ces performances, René Le Du a renouvelé l’expérience. Il a repris en 2013 un poulailler de 40 ans. « Il n’était pas fonctionnel. Une réhabilitation totale était nécessaire mais on ne regrette pas l’investissement. » Les plaques de fibros et les panneaux sandwichs ont été retirés. « Remplacés par du contreplaqué filmé plus simple à poser nous-mêmeS en faveur d’une maîtrise des coûts. Ensuite, la couche de polyuréthane assure une jonction totale même quand les plaques ne jointent pas parfaitement. » Un pignon et le soubassement ont été couverts. « Aujourd’hui, l’enceinte consomme très peu de gaz », rapporte René Le Du qui mène des lots sexés de poulets lourds (45 jours d’élevage).

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« Finalement, en volaille, les performances passent par la qualité de l’isolation et la maîtrise de la ventilation. » En termes de rentabilité des bandes ramenée à la surface (€ / m2), il estime que le résultat est 20 à 30 % moins bon dans un bâtiment ancien non rénové par rapport à un poulailler rénové. Et Guénaël Le Marec de poursuivre : « L’isolation, oui, mais l’étanchéité aussi. La laine de verre isole, mais n’est pas étanche… La mousse expansée de polyuréthane a l’avantage de faire les deux : elle isole et rend étanche à l’air. » L’éleveur ajoute : « On gère alors plus facilement les entrées et sorties d’air ». Ce-dernier prévoit déjà de rénover encore 1 700 m2 en 2018 en recourant au polyuréthane comme isolant avant d’opter pour un système de ventilation plus performant.

Porcheries et poulaillers dans l’ouest

Soprométal, spécialisée dans l’isolation des cales à poissons dans les bateaux, applique sa mousse de polyuréthane dans les porcheries depuis 40 ans. « Entre 1985 et 1995, nous couvrions plus de 1 000 m2 par semaine. Et avec un bon cours du porc, nous aurions encore beaucoup de chantiers de rénovation », explique Guénaël Le Marec. Depuis 15 ans, la société intervient aussi en poulaillers.

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