Productions Agricoles

De nouvelles pistes pour lutter contre le taupin

Les populations de taupins sont très présentes avant semis de maïs, notamment après prairies. Pour accélérer la recherche dans des nouveaux moyens de lutte, Arvalis teste en ce moment différentes solutions sur le site de Kerguéhennec, à Bignan (56).

Avec le retrait de certains traitements de semences, il y a cela quelques années, la profession a cru être dans l’impasse pour lutter contre le taupin. Pour éviter les mauvaises surprises, mieux vaut prendre les devants. « Nous nous sommes mis dans la situation la plus favorable au taupin pour notre protocole d’essai : le maïs a été semé après prairie, dans un limon sableux riche en matières organiques. Ces conditions propices au ravageur ont induit des attaques précoces dès la levée du maïs », a observé Michel Moquet, de chez Arvalis. Le but recherché : mettre la culture en situation d’attaque afin d’examiner l’efficacité des protections mises en place.

Moutarde d’Éthiopie et piment

Au menu des larves indésirables consommatrices de la culture semée le 20 mai, différents insecticides ou répulsifs. « L’essai est divisé en deux parties :  une première où les solutions de bio-contrôle sont testées, la seconde où le traitement chimique est observé. Pour le premier protocole, nous avons essayé différentes doses de substances naturelles », note l’ingénieur. C’est ainsi que des solutions à base d’oligo-éléments, de tourteaux de ricin, de piment et moutarde ou encore de métarhizium anisopliae, champignon qui parasite les taupins, ont été épandus dans le champ. Pas de résultats très significatifs avec l’utilisation de ces spécialités, comparés à une protection classique par Force 1,5 G, excepté pour « la moutarde d’Éthiopie qui apporte des résultats efficaces, avec 84 % de résultats positifs dans le protocole. Cette crucifère contient des glucosinolates, à effet répulsif. Gros bémol : son coût. Un épandage, à raison de 3 tonnes par hectare pour un résultat acceptable, explose les montants du traitement à hauteur de 3 000 €/ha… ». Pour autant, Michel Moquet est convaincu qui faut poursuivre dans ce sens, peut-être avec des associations crucifère/ maïs qui feront baisser la dépense faramineuse.

Reste le chimique

Les spécialités chimiques sortent leur épingle du jeu, en préservant beaucoup mieux la culture. « Nous arrivons à des résultats corrects suivant les dosages utilisés. Sont ici comparés des traitements de semence : Sonido et Force 20 CS. Pour les insecticides du sol, Belem, Fury Geo et Force 1,5 G sont mis à l’épreuve. C’est ce dernier qui apporte le plus d’efficacité, avec 88 % de plants protégés à raison de 12,2 kg/hectare ». La recherche doit produire de nouvelles solutions pour ne pas fragiliser le maïs. Même si des solutions sont efficaces aujourd’hui, la réglementation n’autorise qu’une application tous les trois ans, comme pour la téflutrine, substance active du Force 1,5 G qui limite du coup sont utilisation. La parcelle accueillera de nouveau du maïs l’année prochaine pour continuer les notations, avec peut-être des éléments nouveaux du marché à tester. Fanch Paranthoën

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