Productions Agricoles

Génétique Porcine : DanBred sème pour s’enraciner en France

Le distributeur de la génétique porcine danoise implante une filiale en Bretagne, pour se donner les moyens de son ambition jusqu’à « installer des multiplicateurs en France » rapidement.

Présent sur une quarantaine de pays dans le monde, DanBred International, distributeur historique de la génétique porcine danoise à l’étranger, réalise 80 % de son activité au Brésil, en Chine, en Russie / Ukraine, en Allemagne, en Espagne et en Pologne. Mais aujourd’hui, la société vise sur un certain nombre de marchés que liste Peter Thomsen, chez DanBred International : « Royaume-Uni, Scandina-vie, Hongrie, République tchè-que, Slovaquie, USA, Canada, Mexique, Chili, Argentine, Colombie… »

Des multiplicateurs partants

Pour autant, la France, marché important en Europe, n’est pas négligée. Bien au contraire puisqu’une filiale, DanBred France, vient de voir le jour par une véritable « implantation physique ». Ce siège a été installé au Zoopole de Ploufragan (22). « Un choix naturel, à la fois au cœur du principal bassin de production porcine hexagonale et au plus près de la dynamique du Zoopole. Idéal pour rayonner sur le terrain et nouer des contacts professionnels », explique Philippe Chupin qui a pris la fonction de coordinateur de ce réseau en construction. Bientôt, « un premier technico-commercial va également être embauché pour renforcer l’équipe ».
Cette installation est « une étape importante alors que nous avons déjà des clients en France depuis 3 ou 4 ans » : ils seraient pour le moment environ une trentaine, « des ateliers de taille plutôt importante. » Cet ancrage traduit une « forte ambition de fournir à l’avenir notre génétique au plus possible de producteurs. »
Mais les objectifs de DanBred France ne se limitent pas simplement à la fourniture de semences et de cochettes importées du Danemark comme aujourd’hui. À l’heure actuelle, le schéma DanAvl s’appuie sur 170 élevages (85 000 truies au total) enregistrés comme sites de multiplication, dont 45 sont situés en dehors du pays. « Nous cherchons également à établir, au fil du temps, des multiplicateurs sur le sol français pour être au plus près des clients. C’est d’ailleurs dans les tuyaux. » En fait, des discussions sont en cours. Et même des accords déjà passés, « mais pas forcément en Bretagne… »

Bientôt moins de distributeurs ?

« Nous avons une seule génétique, mais elle est exportée en ordre dispersé », regrette Peter Thomsen. Parmi les 14 distributeurs habilités à distribuer, DanBred représente 25 et 30 % de l’activité. Seules 4 de ces entreprises travaillent sur le marché français. « Si théoriquement la concurrence est positive, nous sommes sans doute trop nombreux sur le créneau. Au final cela met une grosse pression sur les prix qui se répercute négativement sur les multiplicateurs… En juin au Danemark, des discussions vont avoir lieu pour revoir à la hausse les exigences permettant d’obtenir le droit de distribuer. » À terme, le nombre d’exportateurs pourrait baisser… 

Une quarantaine en Normandie

Alors que le monde porcin a l’épée de Damoclès SDRP au-dessus de la tête, la gestion sanitaire demeure l’une des interrogations récurrentes qui accompagne toujours le sujet de l’importation de la génétique étrangère. « Le statut exigé est exactement le même pour tous les distributeurs danois. Il s’appuie sur l’exigence de notre programme sanitaire SPF-SuS notamment basé sur la pratique de sérologies régulières », tente de rassurer Peter Thomsen qui tient à rappeler que « le Danemark est déclaré indemne de toutes maladies réputées contagieuses. En fait, les choses sont totalement transparentes pour le client français puisqu’il peut consulter directement sur le site internet www.spf-sus.dk le statut sanitaire de l’élevage d’où proviennent les animaux que nous lui livrons. Et bien sûr, le transport est réalisé dans des camions fermés où l’air est filtré… » D’ailleurs, DanBred France vient de racheter de nouveaux véhicules pour compléter sa flotte et est en train d’établir un site de quarantaine en Normandie.
Se pose aussi la question de la procédure d’agrément comme Organisation de sélection porcine (OSP). « Le dossier est en cours », répond Philippe Chupin. Toma Dagorn

Le client français doit-il adopter le Duroc ?

Les élevages danois produisent des charcutiers avec des truies croisées (Landrace x Large White) et un verrat Duroc. Alors les éleveurs français devront-ils abandonner le mâle Piétrain ? « Les truies danoises sont faites pour aller avec les verrats danois, mais elles s’accommodent aussi d’un Piétrain », explique Peter Thomsen. L’inquiétude est de voir augmenter le taux de carcasses déclassées à l’abattoir. Le Danois répond qu’avec un verrat terminal Duroc, « on perd un peu en classification, mais on gagne beaucoup en production. » Il rappelle notamment qu’au Danemark, « 2 porcelets vivants 5 jours après mise bas ont été gagnés sur les 5 dernières années. Ce critère, le LP5, ayant une incidence directe sur le nombre de porcelets sevrés à l’arrivée. »
Si garder du Piétrain semble possible, il « conseille fortement le Duroc. « Nos clients français disposent d’ailleurs déjà de semence Duroc puisqu’il y a des verrats DanAvl chez Gènes Diffusion. » Dernière remarque sur le sevrage tardif : « Chez nous, ces 28 jours d’allaitement sont obligatoires. Et notre génétique est pensée pour y répondre. Mais nous avons aussi des exemples d’utilisateurs qui sèvrent à 21 jours, même si là encore nous recommandons 28 jours… Franchement, on gagne beaucoup en sevrant à 4 semaines… »    

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