fauve-de-bourgogne-elevage-finistere - Illustration Georges Kerscaven élève des Fauves de Bourgogne

Georges Kerscaven élève des Fauves de Bourgogne

La passion pour les animaux donne aux élevages amateurs une valeur non-palpable. Pas question de produire en volume : c’est la qualité de la race, en travaillant sur les meilleures souches, qui est recherchée. Rencontre avec Georges Kerscaven, éleveur de Fauve de Bourgogne à Plabennec (29).



Voilà maintenant trente ans que cet habitant de Plabennec s’est pris de passion pour les lapins, en particulier pour les Fauves de Bourgogne. Cette race, Georges Kerscaven l’a découverte lors du concours du festival de l’élevage de Quimper. « Le Fauve de Bourgogne est un lapin massif, de caractère agréable. La passion du lapin est apparue avec un élevage traditionnel chez mes parents. Je travaille maintenant dans la sélection de mon élevage pour présenter les plus beaux spécimens aux concours », explique l’éleveur. Non, il ne s’agit pas ici d’élevage intensif et à grande échelle, car le propriétaire des lieux a confectionné un local aux petits oignons pour le bien-être de l’animal, avec beaucoup de respect pour ce dernier. Au total, l’élevage compte 4 mâles reproducteurs et 5 femelles, dont 2 jeunes ont participé au concours régional 2014. Elles se reproduiront en 2015, pour porter à une cinquantaine de lapins présents en permanence à l’année.

Georges Kerscaven et ses lapins : une passion depuis trente ans Georges Kerscaven et ses lapins : une passion depuis trente ans.

Un beau pelage

Mais qu’est-ce qui rend le Fauve de Bourgogne si beau pour le concours ? « Plusieurs critères sont comparés par le jury. L’aspect de la bête est regardé attentivement. Le poids est ensuite mesuré puisque le sujet doit peser entre 4 et 4,5 kg. La longueur des oreilles approche 12 centimètres et elles sont portées droites, serrée à leur base. Enfin, un autre critère important reste la profondeur de la teinte du poil, car la tonalité fauve roux doit descendre le plus profondément possible dans le pelage ». Pour vérifier ce dernier paramètre, Georges utilise une technique simple qui consiste à souffler sur la croupe du lapin pour observer cette teinte uniforme tout au long du poil. « J’ai supprimé petit à petit les individus possédant des caractéristiques à poils blancs, ou encore ceux laissant apparaître une croupe osseuse : le Fauve de Bourgogne est une espèce massive et ramassée », souligne-t-il. La puissante musculature doit donc pouvoir se sentir au toucher.

« Le fait de les manipuler souvent les habitue aux concours, car lors du jugement, les animaux sont sortis de leur cage et sont posés sur une table. Les juges n’aiment pas les lapins qui ne restent pas en place et qui cherchent à se sauver. Il doit au contraire rester calme et bien présenter. En une vingtaine d’années, c’est impressionnant de voir comment les Fauves de Bourgogne ont évolué, grâce à la sélection des éleveurs amateurs. Les observations des juges, notées sur les fiches de jugement, vont dans ce sens. Quand un lapin est en exposition dans une cage, le juge ne sait pas à qui il appartient, si bien qu’il ne peut pas y avoir d’influence, comme c’est le cas dans les concours d’autres espèces où l’animal est présenté par son propriétaire ».

Une jeune lapine de 4 mois Une jeune lapine de 4 mois

Tous les lapins de ce passionné ne finissent malheureusement pas sous les projecteurs des concours. « Je suis très rigoureux sur la qualité de mes animaux. Les spécimens ne répondant pas au standard sont passés à la casserole », raconte-t-il. Attention toutefois : il veille à ce que l’abattage se passe dans les meilleures conditions. « Je travaille avec un boucher très consciencieux qui assure l’abattage sans souffrance. Bertrand Marchadour garantit cette tâche en étourdissant électriquement les animaux avant d’être saignés, puis stockés en chambre froide avant la découpe. Les lapins sont consommés tels quels, ou en saucisses. Dans ce cas, 40 % de porc comprenant 20 % de gorge et 20 % de poitrine ou maigre sont ajoutées à la viande de Fauve de Bourgogne, pour éviter d’être trop sec ».

Le Fauve de Bourgogne, une race ancienne

On trouve en Bourgogne un gros lapin roux élevé de préférence pour ses qualités de rusticité et de précocité, ainsi que pour la finesse de sa chair. Le Fauve était déjà la teinte caractéristique dominante, mais beaucoup de sujets étaient marqués de blanc au cou, à la tête, aux pattes. Les Bourguignons n’avaient nul besoin d’une teinte uniforme : ils recherchaient un gros lapin râblé, rustique, sans histoire, donnant rapidement un bon poids de viande. Le Fauve de Bourgogne leur a apporté tout cela.
Cependant, comme l’irrégularité de sa couleur le faisait écarter de certains clapiers d’amateurs, les éleveurs ont entrepris la tâche de le doter d’une fourrure et d’une teinte de qualité. Parmi ces éleveurs, il faut citer M. Renard, de la Celle-Saint-Cyr (89), à qui revient le mérite d’avoir fait d’un peuplement de terroir une race bien caractérisée au début du vingtième siècle.

Alimentation sèche au menu

Pour limiter les problèmes de diarrhée, Georges Kerscaven nourrit ses protégés avec une ration sèche. « Au menu : de l’orge provenant de chez un voisin, des betteraves cultivées chez moi et du foin à volonté. Le chou fourrager a le désavantage de favoriser les diarrhées, mais je n’ai globalement jamais eu de problèmes sanitaires particuliers ».
 La période de reproduction a lieu toute l’année, avec une période préférée au printemps. « La gestation des femelles dure trente jours, avec 7 à 8 lapereaux par portée. Quand la lapine ne donne que 3 petits, ils sont en général plus beaux, plus massifs. Les lapines réalisent trois portées par an. Certains croisements sont possibles avec par exemple des lapins de race Argentée de Champagne, de couleur grise. Les descendants ont alors une robe gris garenne, mais sont plus nerveux et agressifs, contrairement au Fauve de Bourgogne pure ». Fanch Paranthoën


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