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Y a-t-il des vers de terre dans mes parcelles ?

Connaître la quantité et la qualité de vers dans ses champs est un bon indicateur de la biodiversité fonctionnelle. Mode d’emploi.

Lombrics, vers de terre, buzucs… Les dénominations ne manquent pas pour désigner cet animal fouisseur. Très présent dans les sols, il assure un travail exemplaire de brassage des différents éléments de la terre.

Classes d’abondance « moutarde »
Classes d’abondance « moutarde ».

Brasser la matière organique

Les vers de terre de nos contrées se classifient dans trois catégories. Le lombric peut en effet être épigé : c’est un vers de petite taille qui, sans creuser de galeries, a un rôle de défragmentation de la matière organique et vit à la surface du sol. Le second, qualifié d’endogé, est souvent de couleur grise et se cantonne aux premiers centimètres du sol dans des galeries horizontales. Enfin, les gros spécimens appelés anéciques, constituent des galeries verticales et permanentes avec une ouverture à la surface du sol. Ils brassent la matière organique vers les différents horizons de la terre. Il est simple d’observer que le passage d’outil profond ou non « dérange » les habitants souterrains, comme le démontrent les nuées d’oiseaux suivant le tracteur labourant un champ. Mais au bout du compte, combien reste-t-il d’individus dans la parcelle ?

Collectage dans le Finistère

Jean Philippe Turlin, conseiller à la Chambre d’agriculture de Carhaix (29), compte les vers de terre depuis plusieurs années. « Nous avons démarré les protocoles en 2003, uniquement pour un résultat quantitatif. 10 ans plus tard, nous arrivons à des conclusions probantes. Cette dernière décennie a vu la suppression de spécialités commerciale phytosanitaire classées T ou T+ comme le Lindane. Globalement, les populations augmentent depuis quelques années. Nous menons des essais sur la réaction des vers avec différents anti-limaces et insecticides. Pour les piégeages de cet automne, mieux vaut attendre la mi-novembre : les sols sont secs en profondeur, les vers ont tendance à descendre ».

Protocole avec la moutarde

Les observations les plus simples peuvent se faire avec de la moutarde. Il suffit en effet de diluer 300 grammes de la spécialité de Dijon dans 10 litres d’eau et de le répartir sur trois placettes de 1 m². L’opération doit être répétée 2 fois à 15 minutes d’intervalle. L’arrosage aura pour conséquence de provoquer une irritation de la peau du vers et de le conduire à une réaction de fuite. Il suffit ensuite de récupérer les animaux à la surface et de les capturer dans un récipient avec un peu d’eau dans le fond. Attention : certains vers sont très vifs et mieux vaut les laisser sortir complètement avant de les prélever. Fanch Paranthoën

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