Les agricultrices possèdent les clés de la réussite

brigitte-vincent-catherine-lecornu-assemblee-generale-cogedis-fideor-agricultrice - Illustration Les agricultrices possèdent les clés de la réussite

Lors de l’assemblée générale de Cogedis Fideor, deux agricultrices ont témoigné de leur optimisme et leur persévérance qui leur ont permis de mener à bien leurs projets.

« L’optimisme désigne chez l’être humain un état d’esprit qui perçoit le monde et l’univers de manière positive. » Pierre Rouault, président de Cogedis Fideor a rappelé la définition de l’optimisme lors de l’assemblée générale du groupe d’expertise comptable qui s’est déroulée à Pacé (35) jeudi 5 juin. En introduction à la table ronde sur le thème « optimisme et persévérance, clés de la réussite », il a repris une citation de Gil Stern « l’optimiste invente l’avion, le pessimiste le parachute. » Et les français sont parmi les plus pessimistes au monde. La France occupe la 57e position du classement des pays les plus optimistes derrière la plupart des pays du nord de l’Europe, d’Amérique, d’Afrique et à égalité avec l’Italie, l’Espagne, le Portugal et la Pologne.

En France, on a les meilleures conditions pour produire

« Je suis présidente de European Dairy Farmers, club de producteurs laitiers comprenant 450 membres et qui permet de découvrir ce qui se passe en production laitière dans les autres pays européens. On pense toujours que l’herbe est plus verte ailleurs, nous nous allons le vérifier », raconte Katrine Lecornu une agricultrice de Normandie, originaire de Norvège. Elle s’étonne que, dans notre pays, on discute encore de la fin des quotas laitiers alors qu’aux Pays-Bas ils l’ont compris et en tiennent compte depuis longtemps. Elle expose sa vision des choses, « en France on n’est pas pessimiste parce que l’on a des handicaps. On a des handicaps parce que l’on est pessimiste. » Pourtant après avoir voyagé aux 4 coins de l’Europe, elle est consciente qu’en France on a les meilleures conditions possibles pour produire du lait. « Le climat est très favorable et les sols sont de très bonne qualité. De plus la France est le pays ou la terre est la moins chère par rapport au potentiel. »

Le chiffre d’affaires des gîtes a dépassé celui de l’élevage

Brigitte Vincent, agricultrice à Gommenec’h (22) s’est installée aux côtés de son mari. Mais cette femme de caractère n’était pas très intéressée par la production porcine. Elle désirait faire des rencontres et s’ouvrir sur l’extérieur. Dans un premier temps, elle a lancé un projet de diversification vers du tourisme vert. « Suite à mon installation, je voulais développer une activité me permettant de trouver mon indépendance au sein de l’exploitation. Le projet de tourisme vert me plaisait beaucoup et permettait de rénover les bâtiments situés au cœur de l’exploitation. J’ai dû convaincre mon mari avant le banquier. Au départ il n’y croyait pas trop, mais comme il croit en moi il m’a suivi dans cette aventure. » Elle précise que pour mener à bien son projet elle a dû être très persévérante car ça a été très dur de trouver un banquier acceptant de financer les travaux. Aujourd’hui, il y a plusieurs chambres d’hôtes et des gîtes insolites (cabane dans les arbres, roulottes…) et surtout une piscine intérieure, un sauna et un spa qui sont très appréciés par les vacanciers. « J’ai eu raison d’être persévérante car à ce jour le chiffre d’affaires des gîtes (150 000 €) dépasse celui de l’exploitation (93 000 €). » Il faut dire qu’il y a eu du changement dans l’exploitation. Au moment d’effectuer la mise aux normes en truie, les associés de l’EARL de Kerbalan ont décidé de vendre la partie engraissement pour développer le naissage. « On s’est dit qu’il allait manquer de porcelets dans les années à venir donc on a foncé. » Brigitte et son mari Joël ont aussi développé une gamme de cosmétiques à base de lait de jument commercialisée sur la ferme.

Ces deux entrepreneuses ont prouvé que l’on pouvait réussir à force de persévérance et d’optimisme. Katrine Lecornu conseille en guise de conclusion, « il ne faut surtout pas oublier les priorités. Lorsque l’on a 3 vaches de malades sur un troupeau de 100 vaches on a tendance à se focaliser sur les 3, même si il ne faut pas les délaisser, il faut surtout se concentrer sur les 97 autres. »
Nicolas Goualan


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