Des porcs à cheval sur la biosécurité

À l’occasion des journées Innov’Action de la Chambre d’agriculture des Pays de la Loire, Sébastien Mortier a ouvert les portes de son élevage pour présenter les mesures de biosécurité mises en place.

éleveur de porc devant ses bâtiments d'élevage - Illustration Des porcs à cheval sur la biosécurité
Sébastien Mortier devant sa maternité. | © Paysan Breton

À Maisoncelles (72), Sébastien Mortier gère un élevage de porcs en multiplication, spécialisé dans la production de reproducteurs destinés à d’autres élevages. Sur le site, 220 truies sont présentes et environ 6 000 animaux sont commercialisés chaque année. Les femelles reproductrices sont vendues avec Axiom, tandis que les charcutiers sont commercialisés via sa coopérative ou en circuit court. « La multiplication porcine est très technique », témoigne l’agriculteur. « On se doit d’être irréprochable d’un point de vue sanitaire afin de garantir la performance des animaux qui sortent d’ici. »

Contrôler les entrées

À la SCEA Blottipig, la biosécurité repose notamment sur un contrôle strict des entrées. Le site est entièrement clôturé, et le camions qui pénètrent passent obligatoirement par un portique de désinfection. Les chauffeurs disposent ensuite d’un sas spécifique pour récupérer les digicodes donnant accès aux quais, se laver les mains et passer par un pédiluve. Ils peuvent également chausser les bottes de l’élevage si nécessaire.

Une seule porte permet de rentrer dans l’élevage

« Une seule porte permet de rentrer dans l’élevage », précise Sébastien Mortier. « Seules quelques personnes sont autorisées à la franchir : mes trois salariés, les vétérinaires, les techniciens de la coopérative et la personne chargée de la maintenance électrique. » Pour les personnes qui entrent dans la zone d’élevage, la douche est systématique, tout comme le port des vêtements de l’élevage, sous-vêtements compris. La zone d’équarrissage est, elle, située dans la zone publique. Les camions peuvent ainsi récupérer les animaux sans entrer dans la zone professionnelle. L’élevage dispose également de son propre stock de petit matériel pour les réparations : quincaillerie, outils et pièces de rechange. « Tout est désinfecté au préalable », ajoute l’éleveur.

Entretenir l’extérieur

« La biosécurité passe aussi par l’entretien des abords », souligne Sébastien Mortier. « Enlever les déchets ou les objets inutiles et entretenir la végétation permettent de mieux maîtriser les nuisibles. » À l’intérieur, les fosses sont nettoyées une fois par an. L’agriculteur, également pompier, utilise pour cela une lance à incendie. « J’y passe une semaine. Je n’ai plus de mouches au printemps et je ne perds pas en capacité de stockage car je ne laisse pas de croûte se former. » Les fosses de la maternité sont quant à elles nettoyées toutes les quatre semaines.

Alexis Jamet

La biosécurité n’empêche pas de recevoir

Malgré toutes ces mesures, Sébastien Mortier tient à ouvrir régulièrement les portes de son élevage. Chaque année, il organise une journée portes ouvertes qui rassemble près de 600 personnes. « C’est comme une mini-foire », affirme-t-il. Pour présenter son métier tout en permettant au public de découvrir l’élevage, l’agriculteur a également mis en place une visite virtuelle du site, avec des photos à 360°. « Les retours sont toujours très positifs. Après ces portes-ouvertes, je reçois énormément de CV. »


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