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Jamais sans son casque sur le chantier de bûcheronnage

Protéger sa tête des chutes de branches, ses yeux des copeaux et ses oreilles du bruit destructeur de la tronçonneuse… S’équiper d’un bon casque forestier anti-bruit, « pour 40 € », est une priorité.

« Sur un chantier d’abattage, le port d’un casque est indispensable », démarre Robert Dantec, spécialiste en bucheronnage.
« Il protège bien sûr des chutes de branche sur la tête. Il protège également les oreilles et les yeux », rappelle le conseiller. Pour convaincre, il lâche un rondin de 5 cm de diamètre d’une hauteur de 50 cm sur la table. Le bruit est sec. Personne dans l’assemblée n’a envie de prendre ça sur le haut du crâne. « Imaginez ce que cela donne quand c’est un morceau de bois plus lourd et plus long qui chute de plusieurs mètres… C’est un choc énorme. » Le risque est réel. « Quand on abat un tronc parmi des arbres groupés, leurs branches sont parfois enchevêtrées. Lors de l’opération, certaines peuvent casser et tomber. »

Même le travail sur un arbre isolé réclame un casque : « La tronçonneuse met, de toute façon, l’arbre en vibration. » Robert Dantec parle d’expérience et rapporte l’histoire d’un agriculteur croisé : « Lors du tronçonnage, l’arbre n’est pas parti dans la direction prévue. Une branche a cassé, lui est tombée sur le front avant de terminer sur sa main gauche. La plaie était énorme… » L’expert insiste sur le fait que même les accidents mettant en cause de simples branches peuvent s’avérer extrêmement graves. Et d’enfoncer le clou : « On ne connaît pas la branche qui va nous tuer ! ».

“Un casque de chantier, c’est mieux que rien”

Mais quel genre de casque choisir ? « Un simple modèle de chantier, c’est mieux que rien. J’ai même rencontré une femme dans l’Yonne qui portait un casque à pointe allemand sur les chantiers. »

Plus simplement, Robert Dantec conseille fortement le véritable casque forestier. « D’abord, il est de couleur vive pour être bien visible. » Souvent orange, la teinte jaune devant disparaître des équipements pour la forêt car elle attire les insectes. Idéalement, ce type de casque est équipé d’une visière pour protéger les yeux. « Les initiés le savent. Un copeau dans l’œil est difficile à retirer. C’est un éclat très coupant qui risque de rayer la cornée. On peut vite finir aux urgences pour cela. » Certains portent aussi des lunettes pour se protéger des ronces ou des branchages qui peuvent fouetter le visage. « Pourquoi pas ! »

Ranger son casque à l’ombre
L’ennemi du casque forestier ? « Le soleil et ses UV qui déforment et dégradent peu à peu le matériau. À l’arrivée, à l’intérieur, la coiffe qui doit éviter le contact entre la tête et le casque ne joue plus son rôle. » S’il n’y a pas de date de péremption proprement dite sur les produits, il est conseillé de suivre les recommandations du fabricant. « On changera un casque beaucoup exposé à la lumière tous les 3 ans. Tous les 5 ans sinon. » Conclusion : il ne doit pas traîner exposé à la lumière derrière une vitre de la voiture d’exploitation.

Mais le casque et sa visière préviennent également des accidents générés par le rebond de la tronçonneuse. « J’ai connu des cas très graves liés à un grillage pris dans une haie ou un fil de fer dans les branches d’un pommier. Quand la chaîne rencontre ce métal, elle saute et revient en plein visage… Dans ce cas, le casque évite d’être défiguré. » Les mots sont forts, à la hauteur du risque.        
Robert Dantec termine. « Un casque forestier anti-bruit, simple et adapté, coûte environ 40 €. Pas la peine d’en prendre de plus élaboré, souvent plus lourd. »

Attention les oreilles

« On ne s’habitue jamais au bruit. Plus on s’expose, plus on perd de l’audition. Et devenir sourd, c’est souffrir », martèle Robert Dantec, intransigeant sur la question. Un coup de fusil correspond à 140 décibels. L’avion qui décolle plus de 130. La tronçonneuse thermique se situe autour de 115 décibels. « Un employeur doit fournir des protections auditives à ses salariés dès qu’ils sont soumis à des travaux générant plus de 80 décibels », rappelle le spécialiste. Au-dessus de ce seuil, une exposition prolongée mène inévitablement à la destruction des cellules auditives.

Et d’expliquer qu’à chaque fois qu’on ajoute trois décibels, on multiplie par deux le niveau sonore. « On considère qu’à partir de 8 heures de travail à 85 décibels, il y a danger. Au bout de 4 heures à 88 décibels. Au bout de 2 heures à 91 décibels. Au bout de 7 minutes à 103 décibels… Avec les 115 décibels de la tronçonneuse, on dégrade ses cellules auditives dès qu’on la démarre. » Les sons aigus sont les plus nocifs. « Pour la tronçonneuse, c’est l’aspiration de l’air au carburateur qui est le bruit plus aigu. » La prévention recommandée passe par le port d’un casque forestier anti-bruit.

« On s’y habitue finalement rapidement et on travaille dans un environnement plus confortable. Cela baisse de 30 décibels le niveau sonore auquel sont soumises les oreilles de l’opérateur. Au final, il reste tout de même 80 à 85 décibels et c’est encore beaucoup. » Dernière piste en faveur de la préservation de sa précieuse audition : « Le choix d’une tronçonneuse électrique, beaucoup moins bruyante, dont le bruit généré se situe autour de 100 décibels. Une sacrée différence. »

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