Energies et environnement

4 millions de tonnes d’amiante importées en 60 ans

Très largement utilisées en région Bretagne, les volumes conséquents d’amiante vont donner du travail pendant bon nombre d’années aux professions du bâtiment, qui doivent prendre d’énormes précautions pour son retraitement.

« C’est un problème typiquement breton. La raison : une forte concentration de bâtiments agricoles, qui présentent des dangers, de par la présence d’amiante dans les plaques de fibrociment et par leur structure qui se fragilise au fil du temps, et qui augmente le risque de chute lors d’intervention sur le toit », rappelle Agnès Nicolay, chef de l’agence Bretagne de l’Organisme professionnel de prévention du bâtiment et des travaux publics (OPPBTP). Des dizaines de milliers de toitures qui tôt ou tard seront à démanteler.
Jérémy Quillévéré, formateur chez Amaxteo, note une augmentation des entrepreneurs intéressés par une certification. « L’évolution de la réglementation oblige à se faire certifier, suite aux changements de 2014. Les entreprises se spécialisent, notamment dans le traitement de bâtiments agricoles incendiés ou tombés à cause de la neige. Le marché se professionnalise, avec une montée des compétences ».

Des propriétés hors pair

Avec une origine naturelle, l’amiante propose des propriétés qui en font un matériau idéal pour les professionnels du bâtiment : isolantes, légèreté, résistance au feu et solidité. C’est bien ce qui pose problème pour son traitement. « Une destruction demanderait de monter à des températures très élevées, avec des coûts élevés par des consommations intenses d’énergie », explique Olivier Ropars. Remplacées par des plaques de fibre de verre, les toitures actuelles sont plus lourdes et mettent plus de temps à sécher.

Principalement en provenance du Canada, la France a importé pas moins de 4 millions de tonnes de produits amiantés entre 1932 et 1995, que ce soit par des plaques de fibrociment, de tuyaux en amiante-ciment, ou pour d’autres utilisations comme de l’amiante projeté utilisé en isolation, ou encore des garnitures de friction employées dans l’industrie automobile. Après un apogée de son utilisation en 1974 avec 177 000 tonnes importées, l’arrivée des matériaux sur notre territoire s’essouffle quelque peu, avec l’interdiction du flocage en 1977. En juin 1996, l’Inserm rend public son rapport « Effets sur la santé des principaux types d’exposition ». Le décret d’interdiction de l’amiante en France est publié en décembre de cette même année. Des décennies d’utilisation, qui laissent entrevoir des années de déconstruction avant que nos bâtiments de production soient exempts de toutes fibres d’amiante.

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