Une centrale photovoltaïque au sol, pour plus de résilience

Motivés par l’amélioration de l’autonomie et la résilience de leur exploitation, les associés du Gaec de Beausejour (Hervé et Bernadette Cuven, Gaëtan Le Cozler) ont mis en place en juin 2026 une centrale photovoltaïque au sol destinée à l'autoconsommation : ils ont ouvert leurs portes le 2 octobre dernier.

Des panneaux photovoltaïque au sol dans un champ - Illustration Une centrale photovoltaïque au sol, pour plus de résilience
Le photovoltaïque au sol au Gaec de Beausejour.

« Simplicité de l’installation », ce sont les premiers mots des visiteurs qui ont découvert cette centrale posée au sol et composée des modules prémontés en atelier et lestés par des longrines. Le système se déploie facilement et rapidement sur le terrain (cf. vidéo en cliquant ici).

« Avec cette installation, pas besoin de regarder s’il y a de l’amiante ou si la charpente est suffisamment solide, on pose sur le sol et c’est fini, nous avons juste donné un coup de tracto pour aplanir le terrain. On peut même nettoyer les panneaux par jour de pluie avec une brosse adaptée » déclare Hervé Cuven, associé du Gaec Beausejour.

Et si une centrale au sol était la clé pour votre autoproduction ?

Soulignons également, que l’absence de pièce tournante garantit la fiabilité dans le temps.

Sur le plan urbanisme, une centrale photovoltaïque au sol relève d’une déclaration préalable (DP). Un tel projet ne peut s’envisager que sur une parcelle non exploitée (non déclarée à la Pac depuis 2013). La DP est accordée après validation par la CDPenaf (2 mois de délai). Les terrains à privilégier sont donc les délaissés, les emplacements d’anciens bâtiments ou toute surface déjà artificialisée. La DP doit ensuite être complétée par une demande de raccordement auprès d’Enedis, même si le projet ne prévoit pas d’injection dans le réseau. Le point de vigilance à avoir ici est l’unicité de l’assise foncière, dit autrement, le câble entre la centrale et le tableau électrique ne doit pas traverser de voie publique (chemin, route ..) Ceci vaut d’ailleurs pour tout type de centrale.

Une étude gratuite et personnalisée

L’étude d’un projet commence donc par l’analyse des consommations annuelles fournies par Enedis au pas de 5 mn.

Après étude des différents scénarios possibles, le Gaec de Beausejour a choisi une installation au sol de 41,4 kWc sans injection du surplus dans le réseau. Définir la puissance d’une centrale, c’est faire un compromis entre l’excédent aux heures solaires et le taux d’autosuffisance de l’exploitation à l’année. Il est important de prendre en compte les perspectives d’évolution des consommations électriques tout en étant attentif au coût de revient du kWh solaire.

Des résultats au rendez-vous après 4 mois de fonctionnement

Le taux d’autosuffisance (ou d’autoproduction) atteint 37 % au bout de quatre mois de fonctionnement, pour un objectif annuel compris entre 25 et 30 %.

La planification de certaines consommations va favoriser l’atteinte de cet objectif : « Depuis que nous avons mis en route la centrale photovoltaïque, nos habitudes de travail ont un peu évolué : le broyage se fait aux heures solaires, et plus uniquement la nuit » déclare Gaëtan Le Cozler, associé du Gaec de Beauséjour.

Produire une partie de son électricité, c’est un choix stratégique au regard des perspectives d’évolution des marchés de l’électricité. Rappelons qu’une facture d’électricité a 3 composantes : l’énergie (40 % à 50 %), la taxe réseau Enedis (25 % à 35% de la facture) et la fiscalité ou accise (20 % à 30 %).

La taxe réseau devrait augmenter de 30 % à l’horizon 2030, l’accise est fixée chaque année dans la loi de Finances. Quant au prix du kWh, il dépend de nombreux paramètres : l’augmentation de la demande (électrification des usages), interconnexion avec les pays voisins, entretien et renouvellement du parc nucléaire. Sur le marché spot, le prix de l’électricité peut être très volatil.

Avec un tarif d’achat de 14 cts €/kWh, hors TVA, et en prenant en compte une inflation de 1,5 %, le temps de retour sur investissement du projet est de 12 ans.

Une batterie à stockage à venir

Après un retour d’expérience d’au moins un an, cette centrale pourra être complétée par une batterie de stockage, avec un double usage : stocker les excédents de production en été pour atteindre 100 % d’autoconsommation, et stocker l’électricité à partir du réseau la nuit en période hivernale pour réduire le soutirage en heure pleine.

Mathieu Dufour / Eureden

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