Afin de valoriser les déchets issus de leurs activités respectives, le groupe Axiom et l’agriculteur Benoît Latour se sont associés pour construire une unité de méthanisation en injection de 90 Nm3/h, à Azay-sur-Indre (37). Mise en service le 10 septembre 2026, La SAS Valorize prévoit de traiter près de 11 000 tonnes de matières brutes par an pour produire une quantité de gaz équivalente aux besoins de chauffage de plus de 22 000 logements neufs. Le biométhane produit est acheminé vers les communes de Chambourg-sur-Indre et de Loches, situées respectivement à 6 km et 11 km du site.
L’unité est constituée d’un digesteur et d’un post-digesteur identiques de 2 900 m3 chacun, permettant d’avoir plus de souplesse en cas de panne de l’un ou de l’autre. La trémie de 110 m3 assure une certaine autonomie pendant le week-end.
Lisier, coproduits, déchets
« Notre élevage de sélection de verrats apportera 4 500 t de lisier par an, soit 40 % des intrants de la méthanisation », indique Clément Girres, directeur France d’Axiom. Les 60 % restants sont constitués de coproduits de l’usine de semences voisine, de cultures intermédiaires à vocation énergétique (Cive), de coupes de prairies d’espaces naturels sensibles et de déchets de céréales. « La production de maïs semence est l’activité phare de mon exploitation », explique Benoît Latour. « Avant, les plants mâles étaient détruits mais je peux maintenant les valoriser. Les Cive me permettent quant à elles de diversifier ma rotation avec des légumineuses, notamment de la luzerne. La première coupe est utilisée comme intrant, et les suivantes sont vendues à des éleveurs. » Le digestat est quant à lui épandu sur le parcellaire de l’agriculteur et dans un rayon de 10 km autour du site.
Répondre à plusieurs enjeux
Pour Benoît Latour comme pour Axiom, le projet doit également répondre à plusieurs enjeux : renforcer la résilience du territoire face à la volatilité des prix de l’énergie, améliorer la reprenabilité de la ferme, diminuer l’empreinte carbone de l’élevage porcin, « retrouver la complémentarité perdue entre céréaliers et éleveurs », mais aussi créer de l’emploi. La SAS Valorize emploie ainsi une personne pour assurer l’exploitation du site.
Alexis Jamet
Un an de capacité de stockage
Une partie des intrants est stockée dans des silos couloirs, une autre sous un hangar photovoltaïque de 200 kWc. « 100 % de l’électricité produite est autoconsommée », précise Benoît Latour. « Sur une année, nous devrions couvrir 50 % des besoins de l’unité. » L’investissement total s’élève à 6,2 millions d’euros, dont 600 000 euros de fonds propres et environ 350 000 euros de financements de l’Ademe et de la Région Centre-Val de Loire.

