La pousse de l’herbe mesurée du 6 au 12 octobre est en moyenne 11 kg MS/ha/jour. Avec des sols qui ont retrouvé un peu d’humidité, les conditions sont favorables au redémarrage des prairies. La reprise de la pousse prendra toutefois plus ou moins de temps selon les parcelles et restera modérée en raison du raccourcissement des jours.
L’analyse de l’ensilage 2026 est indispensable
La qualité des ensilages de maïs récoltés cette année risque d’être très hétérogène. Plusieurs facteurs entrent en jeu : présence ou absence d’épis, proportion de feuilles desséchées, différences entre parcelles… De bonnes surprises sont possibles, mais aussi de mauvaises. L’analyse du fourrage est donc indispensable pour connaître les teneurs en matière sèche, amidon et MAT, ainsi que la valeur énergétique (UFL), et ajuster les rations. Les principes de rationnement restent les mêmes :
• Ajuster l’équilibre énergie-azote de la ration, indispensable pour favoriser une bonne ingestion ;
• Au-delà du niveau de lait permis par la ration de base, un apport de concentré de production peut soutenir les performances, mais son efficacité reste limitée à 1 kg de lait supplémentaire par kg de concentré au mieux.
Françoise Guillois et Pierre Bescou
En bref
• Lorsque les prairies repartent, attendre que l’herbe atteigne une hauteur de 7 cm à l’herbomètre (entre talon et cheville) avant de remettre les animaux au pâturage.
• C’est le moment d’implanter les méteils. Si vous devez renouveler des prairies, pensez à les implanter sous couvert de méteil pour sécuriser la production fourragère.
« Un système pour faire face aux années sèches »
Opinon – Sébastien – 70 vaches Blonde d’Aquitaine- (Ercé-en-Lamée, 35)
Malheureusement, la pousse de l’herbe n’a pas repris au cours du mois de septembre. Les rations n’ont donc pas évolué : les animaux sont toujours en ration hivernale. Il est tombé 30 mm de pluie le 28 septembre, puis 15 mm le 7 octobre. J’espère que d’ici trois semaines, on aura un peu de repousses. Cela permettra aussi d’observer l’état des prairies, d’identifier celles qui sont trop abîmées et de décider lesquelles refaire. Je les ressèmerai sous couvert d’un méteil associant du triticale, du seigle, du pois fourrager et de la vesce. J’ai semé, le 30 septembre, 13 ha de prairies de fauche pour une durée de 18 mois, avec une association de RGI, RGH, trèfle violet et trèfle d’Alexandrie. Elles seront récoltées en ensilage et en foin. On ne pouvait pas s’attendre à une année pire, avec autant de stocks consommés. Je peux tenir en ration hivernale jusqu’au mois de juin. Cette sécurité coûte cher, mais sans cette possibilité de faire varier les stocks d’une année sur l’autre, la situation serait beaucoup plus compliquée et j’aurai certainement décapitalisé mon cheptel naisseur. Mon autonomie alimentaire fait ma valeur ajoutée en année de sécheresse. Mon système avec des vêlages de printemps est aussi une adaptation. Au printemps, les vaches disposent d’herbe pour nourrir les veaux. Ensuite, les veaux sont suffisamment grands pour recevoir des compléments si la sécheresse s’installe.
Zoom sur : La paille, une solution pour alimenter les génisses
Face à la baisse des stocks fourragers, la paille peut permettre de réserver l’herbe récoltée et l’ensilage de maïs aux vaches laitières. Elle peut être distribuée à toutes les catégories de génisses, y compris aux veaux de moins de 6 mois. Elle doit être de bonne qualité et renouvelée régulièrement pour maintenir son appétence. Distribuée entière et à volonté, la paille doit impérativement être complémentée en concentrés pour assurer la croissance des génisses. Pour viser un gain moyen quotidien de 800 g, prévoir par animal et par jour un concentré à 17 % de MAT :• De 4 à 12 mois : 3,5 kg ;• De 12 à 18 mois : 4,3 kg ;• Après 18 mois : 4,8 kg.Si le concentré est distribué séparément, fractionner les apports en deux distributions quotidiennes. En cas de mélange fermier, prévoir également un apport de 50 g de minéraux par animal et par jour.
