Garder du vert pour limiter la chauffe

Préserver l’eau dans les sols et maintenir des plantes en activité. Pour Cédric Cabrol, agro-éco-climatologue, ces deux leviers doivent être travaillés ensemble pour mieux résister aux coups de chaud.

culture de maïs à côté d'une céréale mûre - Illustration Garder du vert pour limiter la chauffe
Un maïs consomme de l’eau, mais il contribue aussi à rafraîchir son environnement par l’évapotranspiration. À l’inverse, un sol nu ou une culture sèche chauffe le sol. | © Getty Images/iStockphoto

Face à la sécheresse, faut-il seulement chercher des cultures moins gourmandes en eau ? Cédric Cabrol invite à élargir le raisonnement. Une plante consomme de l’eau, mais elle contribue aussi à rafraîchir son environnement par l’évapotranspiration. À l’inverse, un sol nu et sec chauffe. Pour cet intervenant à la journée ‘Stop à la compaction’ organisée, à Carnoët (22), par l’association SCV Lucien Séguy, raccourcir les cycles ou laisser davantage de terre découverte risque donc d’accentuer le problème que l’on cherche à contourner. « Il faut remettre de la photosynthèse de manière continue », insiste-t-il.

Faire entrer l’eau

Encore faut-il que la pluie entre dans le sol. Cédric Cabrol revient sur les « dégâts du tassement du sol », y compris dans les parcelles conduites en agriculture de conservation. Sur sa ferme familiale, les passages de machines ont laissé des zones compactées sous une surface pourtant en bon état apparent. Un sol qui porte ne donne pas forcément carte blanche aux engins devenus trop lourds pour les terres agricoles.

Des engins devenus trop lourds pour les terres agricoles

Le fil conducteur pour cet agro-éco-climatologue est de restaurer la porosité, entretenir la matière organique et faciliter le développement des racines. L’enjeu est aussi de garder de l’eau disponible pour les plantes lorsque les pluies s’espacent.

Des plantes plus longtemps

Prairies, couverts, arbres… Il plaide pour une présence végétale prolongée, avec une place accrue aux plantes pérennes. « L’élevage ici, en Bretagne, a des atouts à faire valoir », dit-il. Les prairies maintiennent une couverture durable et le maïs reste une plante verte en été.

Cédric Cabrol plébiscite également l’implantation d’arbres à croissance rapide, en tenant compte du passage des outils, du travail nécessaire pour la taille et des débouchés (plaquettes). Mais les essais sur la ferme familiale, sans irrigation, ont connu des échecs. Pas question, donc, de présenter une recette acquise. « On ne peut pas garantir le résultat », reconnaît-il à propos de la « recherche-action » qu’il défend. Il invite d’abord d’essayer sur une petite surface, d’observer et d’ajuster avant d’étendre. Avec une condition : que le système tienne aussi économiquement.

Didier Le Du

La paille renvoie la lumière

Un sol couvert de paille claire renvoie une partie du rayonnement solaire. C’est l’effet d’albédo, que Cédric Cabrol propose de mieux utiliser après moisson pour limiter l’échauffement. Il souligne toutefois que cet effet diminue lorsque la paille se mouille.


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