Il y a 40 ans, à Kerien (22), le Comité foire a été créé, chargé de donner un avenir au précieux rendez-vous des chevaux bretons. « À l’époque, l’évènement déclinait : il y avait de moins en moins de monde et d’animaux », précise Gildas Le Bris, président du Comité depuis 15 ans. En se structurant, les objectifs étaient clairs : « Perpétuer les traditions, animer la commune et préserver les races chevalines. » La première décision a été de fixer la foire au 3e samedi d’octobre et non plus au 24. « Avant, quand l’évènement tombait en semaine, la fréquentation était bien moindre. » Un choix payant. Comme la mise en place d’un concours de poulains dès 1991 et le développement d’animations en après-midi pour prolonger la fête jusqu’en soirée. Cela a peu à peu attiré un nouveau public plus jeune. « Ensuite, il y a eu un effet boule de neige : le monde a attiré le monde et de nouveaux déballeurs… »
Chevaux de qualité
Poulains, étalons, pouliches… La foire attire des animaux de qualité des quatre coins de la Bretagne, précise Yvon Boutier, agriculteur retraité, maire et membre du Comité. « Le concours de poulains est le plus connu. » Les acheteurs sont là. « Et les premiers prix à Kerien sont souvent retrouvés en tête dans les concours ensuite », poursuit Rolland Le Cam. Chez ce dernier, aviculteur à Lanrivain (22), le Trait breton est « une passion familiale qui a pris de l’ampleur ». Il élève 40 animaux dont 20 mères. Habitué des foires (Menez Bré, Bulat, Plaintel) et des concours à Lamballe et parfois au Salon à Paris, il décrit l’univers du cheval breton comme « convivial et décontracté » dans ces rendez-vous indispensables pour « se retrouver, se confronter et faire progresser la race ».

Berceau du Trait breton
Dans sa famille, on travaille « en équipe » à l’heure d’un rassemblement : Rolland soigne les animaux, son fils Dylan – futur éleveur de vaches allaitantes – est le transporteur au volant du tracteur et de la bétaillère, sa fille Mélissa et les amis Fred et Alban sont les présentateurs… « L’élevage de chevaux de trait est lié à des personnes et à un territoire. Ici, Kerien est une institution locale », explique Rolland Le Cam. « Cette année sèche fait exception, mais habituellement personne n’ensile ce jour-là. Tout le monde vient à la foire. » Ce secteur a toujours compté de « bons éleveurs sélectionneurs » alimentant toute la région, termine Yvon Boutier. « Autour, c’est le berceau de la race, son cœur. Longtemps, tout le monde venait y chercher un bon cheval, notamment les paysans du Finistère. »
Toma Dagorn
Le retour de la boule bretonne
La foire de Kerien est le grand rendez-vous d’une commune de 255 habitants. Grâce à l’implication de 200 bénévoles, près de 10 000 personnes sont attendues et 1 300 repas servis à midi. Elle démarre à 9 h par la présentation des poulains et se termine par la soirée crêpes. « Le concours de boules bretonnes s’étire sur la journée et prend de l’ampleur. Un nouveau boulodrome a été créé et le jeu est revenu à la mode chez les jeunes depuis le Covid », raconte Yvon Boutier. Informations : www.foiredekerien.fr

