Davantage de soutien pour l’agroécologie

« Canicules et sécheresse ont impacté durement les systèmes économes en intrants et bio qui sont pourtant moins soutenus », soulignent des organisations et agriculteurs qui exigent de l’État de revoir les aides.

Des hommes dans un champ avec des vaches - Illustration Davantage de soutien pour l’agroécologie
Les intervenants de la Confédération paysanne, la FRCivam, la Frab et Eau et rivières de Bretagne, le 8 octobre sur l’exploitation de Jonathan Sablé. | © Paysan Breton

« Nombre de fermes risquent de disparaître si les pouvoirs publics ne prennent pas la mesure de la détresse dans les campagnes », ont déclaré les intervenants de la Confédération paysanne Bretagne, la FRCivam, la Frab et Eau et rivières de Bretagne, qui ont organisé un point presse sur l’exploitation de Jonathan Sablé à Clayes (35). L’éleveur s’est installé en septembre 2022 en bio sur 51 ha, tous en herbe. « Avec 45 vaches normandes, je produis entre 170 et 200 000 L par an », a-t-il témoigné. « Cette année, plutôt que 300 bottes d’enrubannage, j’ai fait 200 bottes. »

« Plus de fourrages en fin d’année »

L’agriculteur a baissé sa production de 20 % depuis août et consomme les fourrages d’hiver. Il estime qu’au 31 décembre, il n’en aura plus. « J’ai acheté 20 bottes au printemps mais il faudrait que j’en rachète 80. Au prix actuel, je n’ai pas la trésorerie. Et je ne sais même pas si j’en trouverai. » Il a déposé une demande d’aide dans le cadre du Fonds de réarmement agricole mais ne se situe pas dans la zone prioritaire. « Au mieux, je vais avoir 4 000 € car j’ai un fort taux d’endettement en tant que jeune installé. Ce sera largement insuffisant. Et je vais aussi passer à côté de l’indemnité de solidarité nationale puisque l’indicateur de la pousse de l’herbe par satellite ne voit pas de déficit sur mes prairies ! Nous n’avons pas confiance dans cet outil. »

« Je ressens un abandon total de la part des pouvoirs publics alors que mon système répond aux enjeux sociétaux et environnementaux. » Alors que les 1ers versements du fonds de réarmement Casi vont être distribués « à un trop faible nombre de paysans », les structures réunies demandent une révision de ce plan au vu de l’ampleur de la catastrophe qui n’est « pas terminée ». Les partenaires dénoncent des aides mal ciblées : sur l’achat d’engrais provenant de l’étranger, le carburant non routier, la taxe foncière.

Des critères d’accès défavorables

« Avec 16 millions d’euros en Bretagne, l’aide d’urgence à la trésorerie est largement insuffisante », d’autant qu’il est « injuste d’avoir pour critère d’accès la seule notion de taux d’endettement. Dans nos systèmes, nous essayons de la limiter », soulignent Martin Stecken et Goulven Le Troadec (Confédération paysanne). Selon Eau et rivières de Bretagne, « ces systèmes qui permettent de stocker le carbone, de préserver la biodiversité, d’utiliser moins de chimie doivent être soutenus plus fortement. »

Agnès Cussonneau

Les collectivités peuvent aider

Les organisations précisent que les collectivités et l’État peuvent faciliter l’organisation de la solidarité professionnelle. « Cela peut être pour la mobilisation des fourrages nécessaires aux troupeaux, leur transport, la valorisation des espaces non agricoles de l’État et des collectivités ou encore la limitation des fourrages allant dans les méthaniseurs », précisent les responsables.


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