Quelques kilomètres de mer bloqués suffisent à secouer les exploitations. À Ormuz, les entraves au transport du pétrole étranglent l’approvisionnement énergétique. En mer Noire, les attaques contre les ports et les navires perturbent les exportations de céréales. En septembre, les cours mondiaux du blé ont gagné 6,3 %.
Gazole, transport, alimentation animale : les charges s’enflamment. Après avoir menacé de bloquer les exportations de diesel américain, Donald Trump a pressé les Européens de puiser dans leurs réserves stratégiques. De quoi soulager les marchés, avant qu’il n’ouvre les vannes à la Russie. Duplicité et incohérence d’un dirigeant machiavélique !
Comment se protéger de décisions que l’on ne maîtrise pas ? En regardant nos propres dépendances. Chauffage des bâtiments d’élevage, récolte, stockage, automatisation des élevages laitiers : l’énergie est partout. Les équipements ont amélioré le confort de travail et les performances. Mais leur coût d’utilisation expose aux soubresauts du monde.
Cette vulnérabilité doit peser davantage dans les choix de gestion
Cette vulnérabilité doit compter davantage dans les choix de gestion. Sans renoncer au progrès, il faut interroger le prix et ses façons de faire. Mieux isoler les bâtiments, récupérer la chaleur, valoriser le pâturage lorsque le parcellaire le permet, limiter les manutentions et les passages de tracteur : autant de pistes à examiner, chiffres en main. Revenir aux fondamentaux, c’est rappeler que la performance se juge à la marge dégagée, pas seulement aux tonnes produites. Sans compter sur le retour d’une énergie bon marché.
La réponse ne peut toutefois reposer sur les seuls agriculteurs. Aux filières de s’adapter. Aux pouvoirs publics de sécuriser les approvisionnements et de soutenir les investissements qui réduisent les dépendances. Nous ne déplacerons ni Ormuz ni la mer Noire. Mais nous pouvons réduire la part du revenu qui s’y joue.
