Les violences sexistes et sexuelles au travail (VSST) « ne sont pas des cas isolés. Les entreprises sont confrontées à ces sujets, il faut dépasser les cas individuels pour en faire un travail collectif. Ces VSST, ce ne sont pas juste des faits divers, c’est un risque professionnel comme un autre, qui doit être traité comme tel », introduit Florence Daniel, responsable Santé sécurité au travail à la MSA d’Armorique. L’organisme tenait une journée sur le sujet à Landerneau, mardi dernier.
« Il y a un continuum »
Que sont les VSST ? « Le point de départ est une forme d’infériorisation, souvent d’un homme envers une femme, ou selon l’orientation sexuelle », explique Florent Arnaud, chargé de mission pour l’Aract Bretagne, établissement public qui accompagne les entreprises sur l’amélioration des conditions de travail. L’intervenant rappelle « qu’il faut être attentif aux premiers signes, car il y a un continuum ». La gradation se fait de la façon suivante : de remarques sexistes bienveillantes, on passe à du sexisme masqué, puis hostile. « Ce sont des agissements qui sont interdits par le code du travail ». Plus graves, viennent les harcèlements sexuels puis les agressions qui relèvent du pénal.
38,5 % des femmes confrontées
Les chiffres sont effarants : « 38,5 % des femmes disent avoir été victimes de comportements sexistes ou sexuels au travail pendant leur vie professionnelle ». Ces faits sont « un ensemble de manifestations, de propos ou d’attitudes, conscientes ou inconscientes ». Une participante à la journée évoque son propre exemple, car la productrice de tomate sous serre a observé « des cas où des hommes refusent de travailler quand c’est une femme qui est cheffe d’équipe ». Autre témoignage, celui d’une responsable d’un service de remplacement qui voit « régulièrement des exploitants refuser des femmes, au motif qu’elles ne sont soi-disant pas capables ».
Florent Arnaud fait observer qu’en entreprise, « des femmes utilisent l’évitement pour échapper à des menaces ou à des situations exposantes, ce qui peut impacter leur parcours professionnel ». À l’initiative de cette journée, Stéphanie Potereau, employeuse de main-d’œuvre, estime que « l’entreprise n’est pas un tribunal, mais on doit faire en sorte que ce soit un milieu stable et sain. Une des difficultés est de doser le signalement, on doit laisser les émotions de côté, il faut savoir écouter », conclut-elle.
Fanch Paranthoën
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