Découvertes

Près de Nantes, Bertrand Roy cultive la passion des orchidées

Vous aimez les orchidées, leur culture vous intéresse… Et si vous rendiez visite à Bertrand Roy ? Il en cultive près de 400 variétés et, soyez tranquille, l’homme connaît son sujet !

En ce milieu de matinée, avant l’arrivée des premiers clients, Bertrand Roy fait le tour de sa serre : « Je regarde tout, où en est la floraison, si les jeunes plants racinent bien… ». Le choc de la fermeture « covid 19 » est encore frais dans sa mémoire, mais il en relativise l’impact : « Comparé à d’autres horticulteurs, je ne suis pas le plus à plaindre. L’orchidée est une plante pérenne : je n’ai pas vendu, mais je n’ai pas jeté  ». Autre point de consolation : un redémarrage correct après le confinement. Et même si l’annulation des salons et évènementiels vont nettement réduire son activité dans les prochains mois, Bertrand continue d’envisager l’avenir en s’appuyant sur deux biens très précieux : le savoir-faire et l’expérience.

Nature et technique

S’il vit depuis quinze ans au milieu de ces plantes pas comme les autres (lire encadré), son attirance pour le monde végétal remonte à bien plus loin : « Petit déjà, je collectionnais les cactus et passais beaucoup de temps dans le jardin de mes parents… ». Après des études en génie des matériaux – se voyant mal passer sa vie dans un bureau – il enchaîne sur un BTS horticole à Angers, puis devient sept ans durant, chef de culture chez un spécialiste de l’orchidée près de Blois : « La particularité de la culture en serre est d’allier nature et technique. C’est sans doute ça qui m’a plu ». Tant et si bien qu’au moment de se lancer, Bertrand n’hésite pas et choisit, lui aussi, de produire de l’orchidée. « Ça s’est bien très passé avec mes employeurs, ils m’ont même loué une partie de leur serre pour mettre en culture mes premiers plants, ce qui m’a permis de démarrer avec un stock quasi commercialisable ».

Souhaitant s’installer sur Nantes, Bertrand multiplie les allers-retours et travaille son projet avec la Chambre d’agriculture de Loire-Atlantique. Deux obstacles se dressent sur sa route : trouver un terrain et financer la serre. « Par chance, la commune de Saint-Jean-de-Boiseau cherchait à louer des terres agricoles qui offraient le compromis idéal pour faire de la vente directe : proches de la ville et d’un axe routier. La Chambre d’agriculture m’a transmis l’info et j’ai obtenu 5 000 m² ».

Parcours crédible

Côté finance, c’est son parcours qui lui ouvre les portes du crédit : « Je bénéficiais d’un dossier reposant sur des chiffres concrets et rassurants : ceux de l’entreprise où j’avais exercé. La banque m’a financé 70 % d’un investissement d’environ 200 000 € ». Le chantier d’aménagement et de construction de la serre démarre début 2013 et à l’automne « Les orchidées de la Belle Etoile » ouvrent leurs portes au public.

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Le Paphiopedilum Saint Swithin x gardneri est l’une des espèces rares que les amateurs peuvent trouver aux Orchidées de la Belle Etoile.

Succès immédiat : « Le plan de communication a fonctionné et j’ai bénéficié d’une bonne médiatisation. Il y a eu du monde dès les premières portes ouvertes ». Le modèle de développement de l’entreprise repose sur deux principes : conseils à la clientèle et diversité de l’offre : « En vente directe, inutile d’avoir des lots de 5 000 ou 10 000 plants qui fleurissent en même temps, je ne pourrais pas les écouler… Je cultive près de 400 variétés pour avoir des fleurs toute l’année et vendre en continu ». Prochaine étape : Anna Cairon, sa compagne, envisage de le rejoindre comme associée dans les mois à venir : « Nous misons sur trois points pour pouvoir générer un deuxième revenu : développer la vente par correspondance, celle des orchidées de jardin et travailler avec des fleuristes nantais ».

En savoir + : Les Orchidées de la Belle Etoile 92, rue de la Belle Etoile 44640 Saint-Jean-de-Boiseau ; contact@orchidees-nantes.fr – www.orchidees-nantes.fr ; 09 73 66 83 20

Une plante comme un oiseau perché !
Quand il en parle, Bertrand Roy décrit avec simplicité une plante dont le charme tient pourtant beaucoup à sa complexité. « Les orchidées constituent une famille végétale d’une grande diversité. Au plan morphologique, on peut passer d’un rideau de fleurs magnifiques à des têtes minuscules recherchées par les collectionneurs.Mais cette diversité repose aussi sur les variables de la culture : milieu, température, vitesse de pousse… La clé du substrat Ce sont des plantes dites épiphytes. C’est-à-dire qu’elles poussent sur d’autres plantes qui leur servent de support : branches ou troncs d’arbres… Pour se développer, leurs racines doivent être aérées et baigner dans une atmosphère humide. Placées dans un terreau classique, les racines s’étouffent et finissent par pourrir. Voilà pourquoi on les plante dans un substrat composé d’écorces de pin. Ces dernières offrent à la plante des conditions d’humidité et d’aération proches de son milieu naturel, le plus souvent tropical ou équatorial. En revanche, le substrat est un milieu neutre et pauvre qu’il faut régulièrement arroser avec une eau enrichie d’engrais. Une fertilisation comparable à la culture des tomates hors-sol. Quant au rempotage, il se fait au printemps, tous les deux ou trois ans. On change de substrat pour maintenir un bon drainage. Surveillance assistée Au plan parasitaire, le principal danger vient des cochenilles qui piquent et pompent la sève de la plante. Elles se reproduisent très vite et peuvent l’affaiblir ou lui transmettre des virus. Il faut donc les surveiller et ne surtout pas laisser de nids s’installer. Je préconise aux clients de pulvériser un mélange de savon noir, d’alcool et de paraffine pour les traiter ». Autant de soins et de surveillance rendus possibles grâce à une serre compartimentée où l’on peut faire varier le taux d’humidité et la température (+/- 5°). Des sondes reliées à un ordinateur de climat permettent une gestion automatique de l’outil.

Pierre-Yves Jouyaux.

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