Economie, marchés et gestion

La vente en circuit court intéresse de plus en plus

D’après le dernier recensement agricole, plus d’un agriculteur sur cinq vend sa production en circuit court. La vente directe leur permet de maîtriser toute la filière et sa valeur ajoutée et répondre à la demande croissante des consommateurs en quête de produits locaux. Le producteur devient ainsi transformateur et commerçant.

Les aliments achetés via les circuits courts représentent 10 % de la consommation alimentaire, soit 7,8 milliards d’euros. Pouvoir s’approvisionner directement auprès des consommateurs est une réelle attente de la part des consommateurs, de plus en plus attentifs à l’origine et à la qualité des produits alimentaires. Et ce bien au-delà des secteurs même de production. C’est d’ailleurs dans les zones péri-urbaines que les circuits courts sont en plein essor.

De multiples possibilités de vente directe

La commercialisation est dite en circuit court quand il y a au maximum un intermédiaire entre le producteur et le consommateur. Cela va de la vente directe à la ferme ou sur les marchés, en passant par les associations de magasins de producteurs (Amap), les paniers bio et les magasins de producteurs, sans oublier la vente à distance ou même la restauration et la grande distribution.

« Nous sommes producteurs et transformateurs de volailles, que nous vendons sur les marchés, dans notre propre magasin mais aussi à des bouchers et à des collectivités », témoigne Gilles, agriculteur installé avec ses parents et sa tante. « Depuis le poussin d’un jour jusqu’à l’assiette, nous maîtrisons toute la filière de nos volailles ».

Cette maîtrise de leurs produits jusqu’aux consommateurs, avec qui ils souhaitent renouer le contact, une volonté de mieux valoriser leurs produits et les opportunités de développement que permet ce mode de production, permet une meilleure valorisation, le contact avec les consommateurs et une meilleure reconnaissance de leur travail. Autant de raisons qui motivent les agriculteurs à s’orienter vers ce type de commercialisation.

Développer de nouveaux modes de distribution

Si vendre sa production en circuit court demande d’ajouter une dimension commerciale à sa maîtrise technique. Beaucoup de producteurs se lancent afin de mieux valoriser leur production et s’affranchir d’intermédiaires. Ils orientent leurs productions vers des produits de qualité, quitte à diminuer leur rendement. Au-delà de l’aspect économique, aller au contact des consommateurs apporte aussi une meilleure reconnaissance du travail et de la qualité des produits.

Aujourd’hui, ce sont 21 % des exploitations françaises, qui écoulent leur production en circuit court, soit plus de 110 000 exploitations d’après le dernier recensement agricole de 2010. Celui de 2020 devrait voir ce chiffre augmenter, les estimations de 2016 annonçant déjà une hausse à 22 %. Derrière cette moyenne, la proportion d’exploitations qui s’installent en circuits courts est très variable selon les productions. On retrouve une représentativité importante notamment chez les producteurs de miel, de fruits et légumes, fromages et vin, et moins importante dès lors qu’il s’agit de produits transformés à base de viande et de céréales. D’après une étude de l’Inra, 33 % des viticulteurs valorisent leurs produits en circuit court, alors que ce mode de commercialisation ne concerne que 15 % de producteurs de viande bovine.

Peser les avantages et les inconvénients de la vente directe

Malgré toutes les perspectives qu’offre ce mode de commercialisation, certains enjeux non négligeables sont à prendre en compte :
• Une charge de travail importante ;
• Un cahier des charges strict et rigoureux (diversité des réglementations à appliquer) ;
• La nécessité de jongler entre plusieurs casquettes en étant à la fois producteur, transformateur, commerçant et employeur de main-d’œuvre.

Face aux multiples facettes des exploitations ayant choisi ce mode de commercialisation, il y a aussi plus de risques à anticiper. Ces risques peuvent être de nature sanitaire au niveau des différentes étapes de la transformation. « On prend un maximum de précautions, par exemple, avec des plans de nettoyage à respecter », témoigne Gilles. L’exigence sanitaire débute avec le respect des normes. « Il faut toujours être très réactif quand il y a des papiers administratifs à faire, quand les services vétérinaires nous demandent des modifications », confirme Gilles.

En plus des aspects sanitaires, il y a beaucoup d’autres précautions à prendre en compte pour sécuriser le fonctionnement d’une exploitation qui valorise sa production en circuit court : les stocks de produits finis, les aléas de trésorerie ou encore les éventuels problèmes pouvant engendrer un arrêt de la production et entraîner une perte d’exploitation. Et des questions à prendre en compte en tant que chef d’exploitation et employeur de main-d’œuvre.

Par exemple :
• « Comment assurer la continuité de mon exploitation si je ne peux plus travailler ? » ;
• « Comment motiver mes salariés, qui tiendra la boutique si mon salarié est malade ? », etc.
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