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Mécaniser le légume

La conception d’outil de récolte comme moteur

Jean-Yves Jacq fabrique du matériel automoteur pour limiter la pénibilité du travail des producteurs de légumes dans leurs récoltes.

En 1983, date de la création de l’entreprise de motoculture de Jean-Yves Jacq à Henvic (29), les chevaux sillonnaient encore les parcelles de légumes léonardes. Les motoculteurs avec charrette se développaient, mais restaient peu maniables. Certains constructeurs ont alors développé des machines à trois roues, avec roue avant motrice, pour suivre l’opérateur dans le champ. « Ces machines étaient bien conçues, sauf dans le cas de parcelles vallonnées. J’ai donc conçu du matériel tri-porté à trois roues motrices capables d’évoluer dans tous les terrains », se souvient le concepteur. Aidé par un frère agriculteur pour comprendre les problématiques de la production légumière, il lance son produit en 1989. « Ce premier appareil d’assistance à la récolte était un débardeur à artichauts. Plutôt que de proposer une copie de ce qui existait déjà sur le marché, j’ai préféré lancer un système différent. Le réglage de la hauteur du caisson s’adapte au légume, comme pour le petit violet, plus bas ». Près de trente ans plus tard et des tonnes d’acier soudées, coupées et pliées, ce ne sont pas moins de 120 appareils qui sont sortis de l’atelier de fabrication.

Une gamme de trois produits

Rapidement, la gamme proposée par Jean-Yves Jacq s’étoffe : une remorque automotrice et une récolteuse de jeunes pousses viennent allonger le catalogue proposé. « La remorque automotrice est idéale pour la récolte de mini-légumes ou pour les petits chantiers. Un opérateur peut couper jusqu’à 2 400 choux à la journée. Les mouvements inutiles sont supprimés, puisque le coupeur pose directement la tête de chou dans l’emballage. Les bâches ouvrantes hydrauliques protègent la personne des intempéries et le légume du soleil ». Les cageots sont ensuite poussés au fur et à mesure de l’avancement du chantier de récolte.

La récolteuse de jeunes pousses est la dernière-née des ateliers Jacq, engin qui a marqué le plus le créateur. « Une lame vient cisailler la pousse pour l’acheminer via un tapis à l’intérieur de la remorque bâchée. Le matériel doit être robuste, simple, pour limiter l’origine des pannes ». Certaines technologies ont même été écartées, comme des télécommandes radio pour choix de la vitesse d’avancement. « Glissée dans une poche, la commande peut être actionnée par inadvertance. Installé sur le châssis par sécurité, un bouton sélectionne la vitesse par variation continue, en l’augmentant ou la diminuant de 0 à 5 km/h. »

Des purs-sangs sous le capot

Les engins proposés par l’entreprise sont équipés de moteurs Perkins de 26 ch. « Ils fonctionnent à un petit régime moteur, pour baisser le niveau sonore. J’insonorise le capot pour que l’opérateur gagne en confort. »

Un bureau d’étude nocturne

L’idée de création peut tomber sur la tête du concepteur à tout moment de la journée. Tous les problèmes ont une solution, les tracas sont dénoués à des périodes inattendues. « Le bureau d’étude fonctionne après 19 h et la nuit. L’appréciation de la répartition des charges se fait par habitude. Pour les autres idées, leur véracité se vérifie toujours par le calcul ». Spécialisé dans le légume breton, l’entrepreneur henvicois livre ses appareils sur le Finistère et les Côtes d’Armor. Et l’export ? « Les méthodes de travail sont différentes. Je préfère rester sur une approche que je maîtrise ». Les engins de récoltes font partie des Machines et instruments agricoles remorqués (MIAR), et sont donc homologués pour la circulation routière. Fanch Paranthoën

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