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Chariots télescopiques

Un engin au service des communes, éleveurs et maraÎchers environnants

Maniable et polyvalent, le chariot sert tous les jours à la ferme et permet de proposer près de 500 h en prestation de service à l’extérieur.

Au Gaec du Bois Paris à Saint-Grégoire (35), le chariot télescopique effectue environ 950 heures par an. Pour moitié sur l’exploitation : « Tous les jours pour nourrir le troupeau grâce à un godet désileur. Plus ponctuellement pour vider la stabulation ou ramener les bottes de paille après la moisson », expliquent Sylvie Denis et Gilles Lenen, les deux associés. L’autre partie du temps d’utilisation est réalisée à l’extérieur : Jean Denis, conjoint collaborateur, propose ainsi depuis quelques années de la prestation de service en direct ou par le biais d’une ETA « qui n’a pas une demande suffisante pour investir dans un télescopique. »

Les associés « ne reviendraient pas en arrière », le chariot télescopique est devenu indispensable dans le quotidien de l’exploitation
Les associés « ne reviendraient pas en arrière », le chariot télescopique est devenu indispensable dans le quotidien de l’exploitation.

Une prestation pour les guirlandes de Noël

Les travaux réalisés peuvent être classiques. « Curage de stabulation, chargement des épandeurs à partir des tas de fumier stockés dans les parcelles, remplissage de remorques de céréales chez des agriculteurs qui stockent, ramassage des bottes… » Ou un peu moins communs, comme les interventions « chez les maraîchers du coin pour la manutention du terreau par exemple » ou encore « dans les décharges communales pour le chargement des déchets verts dans des camions. »

Voire originaux : « Grâce à une nacelle, depuis six ans, j’interviens pour la mise en place des guirlandes de Noël pour la municipalité de la Chapelle-des-Fougeretz. Chaque année, c’est un contrat de deux jours pour le montage puis le démontage. Avec le télescopique, le chantier est beaucoup plus rapide et la ville évite ainsi le danger des employés communaux qui montaient auparavant sur des échelles. » D’un point de vue économique, les travaux, peu importe leur nature, sont facturés à un tarif unique : « 42 € H.T. l’heure ».

Deux suggestions aux constructeurs

Voici deux idées que soumet Jean Denis aux constructeurs :

  • Adapter une vitesse qui permettent de rouler à 40 km / h avec un moteur qui tourne à 1 500 tours. Aujourd’hui, quand on roule à 40 km / h, le moteur monte à 2 200 tours. Ce qui pose un problème de consommation sur route. Tout confondu, notre chariot consomme 10 L / h en moyenne.
  • Augmenter la taille du réservoir de carburant. Le nôtre fait 110 l. Pour limiter ce problème d’autonomie, j’ai un jerricane de secours de 60 L.

Grand mât, suspension de flèche et bon siège

Au Gaec, le chariot a remplacé le tracteur-chargeur depuis 8 ans. « Le télescopique a un meilleur débit de chantier pour curer ou charger. Il est plus maniable : 90 % du temps, je travaille en 4 roues directrices, c’est devenu naturel et c’est extrêmement pratique dans les petits espaces. La conduite en crabe permet, quant à elle, de se dégager quand on est coincé le long d’un mur par exemple », détaille Jean Denis.

Depuis un an, Jean Denis change les roues en fonction de la saison
Depuis un an, Jean Denis change les roues en fonction de la saison : « Les vieux pneus quand je fais beaucoup de route à la belle sison. Des pneus moins usés pour adhérer aux terrains gras au printemps. »

Sur l’exploitation, l’engin est renouvelé tous les 3 500 heures environ, « soit tous les 3 ou 4 ans. Car, toutes marques confondues, c’est un outil assez fragile auquel on demande énormément. »

Arrêt au stand pour changer de pneus

Comme un pilote qui adapte ses pneus à la météo, depuis un an, Jean Denis change ses paires de roues en fonction de la saison. Il explique sa stratégie : « Nous changeons de télescopique tous les 3 500 heures, or c’est à peu près le temps qu’il faut pour user un train de pneus. Au moment du renouvellement, la reprise de l’ancien chariot est minorée parce que le caoutchouc est lisse. Généralement, il faut même les remplacer d’abord et la note est salée. » C’est d’ailleurs ce qui est arrivé une fois aux associés qui ont conservé les vieux pneus d’un précédent chariot. « Nous avons simplement racheté quatre jantes d’occasion à 100 € l’unité pour les monter. C’est intéressant d’user ces vieux pneus à la belle saison, quand je fais beaucoup de parcours sur route. » À la fin de l’hiver, par contre, ce sont les modèles neufs qui chaussent le télescopique : « Au printemps, il me faut de l’adhérence pour les chantiers de fumier sur des terrains souvent gras. »

Autre intérêt de ce second jeu de roues à disposition : « Si j’éclate un pneu, j’ai une roue de secours prêtes pour me dépanner en urgence. » D’autant qu’avec une clé à choc, il ne faut que 15 minutes pour tout changer, « sans cric, simplement en soulevant le train avant grâce à la flèche et le train arrière en abaissant au maximum le crochet hydraulique à l’arrière… » Une méthode rapide mais peu orthodoxe.

Actuellement, les associés utilisent un Massey Ferguson 94.07s arrivé il y a un an. C’est le 4e télescopique sur l’exploitation. Au moment du renouvellement, ils ont opté pour un mât qui monte jusqu’à 7,2 m, « 1 m de plus qu’auparavant facilitant le chargement des camions ». La capacité de levage était également un point de vigilance important pour transporter du silo à l’auge « 1,3 t de maïs ensilage dans un godet désileur qui pèse à peu près aussi lourd ».  Un siège « plus confortable que le standard » a été choisi au moment de la commande en faveur du bien être du chauffeur.  Sans oublier la suspension de flèche, « une option obligatoire car ça limite vraiment les secousses quand on se déplace sur route. Quand j’ai oublié de presser le bouton de contrôle avant de partir, je m’en rends aussitôt compte… » Enfin, le crochet hydraulique à l’arrière s’avère bien utile à l’heure des chantiers de ramassage des bottes : « Seul, je peux déplacer le plateau à paille dans la parcelle sans quitter mon siège. C’est seulement au moment de reprendre la route que je descends pour brancher les clignotants… » Toma Dagorn

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