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Mieux s’organiser en bovins viande

La mélangeuse a réduit l’astreinte

L’introduction de la ration mélangée en septembre dernier a permis des gains de performances accompagnés d’une économie et de la souplesse en temps et de travail.

Au Gaec Le Rohan à Lanrelas (22), parallèlement aux activités laitière et porcine, un atelier de taurillons est mené depuis la fin des années 70 « pour diversifier encore davantage ». 60 places en bâtiment pour 35 à 40 animaux commercialisés par an. « Ce cheptel à l’engraissement est constitué de tous les mâles laitiers et de quelques achats de veaux croisés pour compléter les cases », explique Patrick Harivel, l’un des associés.
« Le but est d’atteindre un poids carcasse de plus de 350 kg à 18 mois, pour un départ à partir de 370 kg… » Si les taurillons partis début mai, « à l’âge de 20 mois », ont atteint l’objectif, « avant, nous n’étions pas dans les clous », avoue l’éleveur. Ces récents progrès ont une origine bien identifiée : « L’arrivée de la mélangeuse en septembre dernier sur l’exploitation » qui a poussé la désileuse de 4 m3 au placard… Les rations comme l’organisation de l’alimentation ont été remises à plat.

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Depuis septembre, les taurillons reçoivent une ration mélangée. Les croissances se sont améliorées et l’astreinte du poste alimentation a baissé, notamment le dimanche. La mélangeuse à pales de 14 m3 est traînée par le tracteur de 55 cv de 1982 qui portait auparavant la désileuse-pailleuse. « Le plus frappant est que la mélangeuse réclame moins de carburant que la désileuse », apprécient les associés.

Chez les jeunes, une ration préparée pour trois semaines

De l’âge de 3 semaines à 6 mois, les veaux mâles comme les génisses reçoivent désormais une ration sèche maison à base de paille, mélasse, pulpe de betteraves, maïs grain sec (autoproduit puis broyé par la coop), correcteur azoté et minéral. « Auparavant, à partir de 3 mois, les veaux étaient nourris au maïs ensilage apporté à la désileuse deux fois par jour. Grâce à la mélangeuse, nous préparons ce mélange sec, en une heure, toutes les trois semaines. En temps et en souplesse d’organisation, c’est un gain énorme pour nous », apprécie Erwan Harivel, installé avec son père. « Et puis, les croissances sont meilleures. Il n’y a pas photo. Si on prend le développement à 6 mois qui est un repère classique, la progression est nette. » Et Patrick Harivel d’ajouter : « Parallèlement, l’aspect sanitaire semble s’être amélioré avec le changement de régime. Nous avons beaucoup moins de toux sur les jeunes bovins. »
Après 6 mois, les taurillons initialement engraissés au maïs ensilage ont désormais un menu plus varié. La recette par tête : 700 g de paille, 20 kg brut de maïs soit l’équivalent d’environ 7 kg de matière sèche,
2 kg de correcteur azoté, 1,5 kg de céréales broyées, 180 g de minéral et 20 g de sel. « Ils poussent mieux, ont meilleur poil et partent plus jeunes… », synthétisent les associés qui ne regrettent pas un instant la révolution alimentaire qu’ils ont menée.

La ration sèche des 3 à 6 mois

Toutes les 3 semaines, 1,5 t de ration sèche est préparée et distribuée à volonté pour les animaux de 3 à 6 mois. Pour 100 kg de cette ration, comptez 22 kg de paille, 29 kg de pulpe de betteraves, 17 kg de maïs grain broyé, 17 kg de correcteur azoté, 13 kg de mélasse et 2 kg de minéraux. Avec 9 mois de recul, cette approche a fait « gagner du temps aux associés et de la croissance aux jeunes animaux ».

6 ou 7 ha de maïs économisés grâce à la pesée

Ce sont deux visites d’élevages laitiers utilisant la ration mélangée qui les ont décidé à investir dans une mélangeuse : « Nous avions été frappés par la quantité de lait produit à la surface grâce aux fourrages des exploitations. » Avec 9 mois de recul avec leur machine, les performances zootechniques ont également fait un bond chez eux : « L’investissement va se rentabiliser tout seul. Les vaches produisent 2 à 3 L de lait par jour en plus avec des taux améliorés. Cette année, le TP n’a pas chuté à la mise à l’herbe. » Mais ce qui surprend le plus Erwan et Patrick Harvel, « même sur l’atelier engraissement », est l’économie de fourrages réalisée « notamment grâce au système de pesée » qui équipe la remorque mélangeuse : « Cela nous pousse à être beaucoup plus précis. Les commerciaux annonçaient 20 %, mais nous n’y croyions pas car c’est une économie énorme. En fait, nous n’en sommes pas loin. Au final, ce sera l’équivalent de 6 à 7 ha de consommés en moins sur l’année. Et pour cela, il n’est même pas sûr qu’on ait apporté davantage de concentré à la tonne de viande ou de lait produite. » Ils apprécient aussi le gain de temps. « En attendant de mettre des vis en place pour charger directement les concentrés et d’avoir trouver le bon outil pour broyer et stocker des brins de paille de la bonne longueur, le plus long reste de couper les rounds dans la machine. L’astuce est d’y glisser un peu de maïs ensilage qui la compresse pour qu’elle se hache plus vite. Nous faisons tourner la mélangeuse le soir pendant la traite durant 20 minutes avant de la mettre à l’abri jusqu’au lendemain matin et la préparation des rations. » Et surtout, le dimanche, pour l’associé qui est d’astreinte, le travail ne dure plus que 2 h 30 contre 4 h auparavant, puisque les mélanges distribués le samedi soir n’ont qu’à être repoussés « en 30 secondes grâce au tracteur. » Toma Dagorn

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