Dossiers

Désherbage des céréales

Des MAE pour limiter les désherbants

Afin de diminuer ses IFT, l’exploitation a contractualisé une MAE, sachant qu’une bonne partie du chemin était déjà parcourue.

Jean-Luc Bougeard est producteur de lait à Monterfil, au sud de Rennes. Pour lui, réduire l’utilisation de produits phytopharmaceutiques coule de source. Les interventions se font relativement tôt pour lui permettre de diminuer ses doses.« Mes céréales sont semées en règle générale avant la fin octobre, car mes terrains se ressuient mal. Je préfère privilégier de bonnes conditions de semis. Je ne travaillais que très peu mes sols auparavant pour les semis de céréales, avec un passage de cultivateur, suivi du combiné, mais j’ai revu mon itinéraire technique.

Jean-Luc Bougeard, avec l’appui de ses techniciens, choisit les itinéraires techniques les plus économes tout en gardant une efficacité acceptable
Jean-Luc Bougeard, avec l’appui de ses techniciens, choisit les itinéraires techniques les plus économes tout en gardant une efficacité acceptable.

Cette année, tous les champs ont été labourés pour limiter la pousse d’adventices et je n’ai pas opté pour une stratégie de désherbage en prélevée compte tenu des conditions d’hygrométrie. Le labour évite aussi les problèmes de mycotoxines après maïs. L’exploitation possède deux sites de production, et celui qui est éloigné du siège est séchant et peu adapté à la culture de maïs. La rotation se fait alors avec des cultures d’hiver, soit colza-blé-orge. La charrue me permet de limiter le salissement de ces parcelles et me simplifie grandement la tâche », explique l’éleveur. Trouver des solutions alternatives pour obtenir des réductions de dose de produit ne s’explique pas uniquement par un aspect financier. L’exploitation a souscrit à une Mesure Agro-environnementale (MAE) il y a 5 ans.

Les engagements de l’exploitant :

Le contrat est signé pour 5 ans, période pendant laquelle l’exploitant s’engage à :

  • Réduire progressivement les herbicides sur les parcelles engagées.
  • Réduire progressivement tous les produits phytosanitaires sur l’ensemble de l’exploitation.
  • Suivre une formation proposant des techniques alternatives au désherbage chimique.
  • Respecter l’Indice de fréquence des traitements (IFT) et établir un bilan annuel sur la stratégie des cultures, en contrepartie d’une aide à l’hectare

Baisser les IFT

La MAE souscrite concerne les parcelles en culture, hors herbe, et uniquement sur les herbicides. « Je n’utilise que très rarement des insecticides, les efforts sont plus flagrants au niveau désherbage. Pas de grand bouleversement donc dans nos pratiques, notre conduite étant déjà raisonnée. L’objectif d’un indice de fréquence de traitement de 0,96 a été fixé sur un IFT territorial de 1,6. Deux solutions s’offraient à moi pour obtenir ces résultats : soit en atteignant cette valeur en moyenne sur les 3 dernières années, ou soit en l’obtenant en 5 ans. J’ai choisi cette seconde solution, car mes IFT moyens étaient légèrement au-dessus de la valeur en orge. En blé, je suis largement en dessous », note Jean-Luc Bougeard. Le désherbage se faisait avec utilisation d’un faible grammage de produit l’année dernière, avec un postlevée précoce et un rattrapage au printemps. « J’applique 11 grammes d’Allié Express® au stade 2 à 3 feuilles du blé, puis j’interviens avec de l’Archipel® en modulant la dose à la mimars. Pour cette campagne, j’envisage de traiter mon orge comme mon blé en associant Défi® et Hauban® dès que les conditions le permettront. J’attends un bon ressuyage des parcelles avant d’intervenir, tout en surveillant le risque de gelées. »

Qualité de pulvérisation

Au niveau matériel, Jean-Luc Bougeard est équipé d’un pulvérisateur traîné en 24 mètres de 10 ans, en co-propriété. «Si je change de matériel, j’optimiserai encore la qualité d’épandage avec un outil équipé d’un guidage GPS et de coupure de tronçon ».

Au groupe Ceta 35 depuis 3 ans

L’EARL a rejoint le Ceta 35 en 2011, association de formation et d´accompagnement technique et stratégique des exploitations agricoles basé sur l’Ille-et-Vilaine et spécialisé par production : lait, porc et culture. « Les agriculteurs ont pris conscience que les pratiques du passé étaient révolues. Des efforts considérables ont été entrepris pour avoir une démarche raisonnée. Sans aboutir à une conduite en agriculture biologique, nous tendons vers un modèle de production plus propre.

Toutes les actions sont réfléchies maintenant. Je souhaiterais utiliser d’autres solutions alternatives que le chimique, mais elles sont encore peu fréquentes dans notre système de production », pense Isabelle Le Grall, associée de l’EARL. Son point de vue est partagé par une bonne partie des agriculteurs du secteur. Ainsi, 25 % des exploitations du bassin-versant du Meu ont contractualisé une MAE, principalement les contrats de réduction d’herbicides. À noter également que la commune de Monterfil est soumise à un arrêté préfectoral interdisant notamment l’utilisation d’isoproturon pour le désherbage des céréales. Fanch Paranthoën

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