Productions Agricoles

Porc : la production stagne au nord de l’UE et chute à l’est

Depuis plusieurs années, l’UE est excédentaire pour les produits du porc. Dans le nord, le développement de la production s’est traduit par une hausse de l’export. Les nouveaux Etats membres ont subi de fortes chutes.

Le bilan européen d’approvisionnement en viande de porc a peu changé en 2013, production et consommation ayant diminué de près d’1,5 %. Le taux d’auto-approvisionnement de l’UE reste à 110 %. Les exportations européennes se stabilisent à 2,19 Mt. Les importations restent très limitées. Mais cette stabilité du bilan à l’échelle européenne cache des évolutions importantes selon les pays membres.

Bassin nord : croissance et liens entre pays

En Allemagne, premier producteur de l’UE, la production recule de 1,5 % en un an, après une décennie de croissance ininterrompue. En 2013, elle s’est établit à 5 Mt, mais grâce aux importations de porcs vivants, l’activité des abattoirs est portée à 5,5 Mt. Malgré le taux d’auto-approvisionnement de 117 %, l’Allemagne importe beaucoup de viande, dont une partie est réexportée après élaboration, vers les pays de l’UE et les pays tiers. La consommation allemande recule lentement ces dernières années.

Le Danemark a exporté 10 millions de porcs vivants en 2013, essentiellement des porcelets, vers l’Allemagne et la Pologne surtout. La production de 1,85 Mt est relativement stable depuis le début des années 2000. Très excédentaire, le pays exporte 1,5 Mt de viande. La production néerlandaise diminue depuis 2010, perdant la moitié des bénéfices de la reprise des années précédentes. En 2013, elle s’établit à 1,67 Mt. Sur un total de 25 millions de porcs nés aux Pays-Bas, seulement 13,7 millions sont abattus dans le pays. Les 12 millions de porcelets et porcs charcutiers exportés trouvent leur débouché en Allemagne et d’autres pays de l’UE. La Belgique produit 1,15 Mt de viande, suivant une lente tendance haussière. Plus de la moitié de la production est exportée.

Dans le nord de l’Europe, les relations entre l’Allemagne, le Danemark, les Pays-Bas et la Belgique sont étroites. Elles concernent en particulier les échanges de porcs vivants, avec très souvent des distances de moins de 200 km, et de viande. De plus, les entreprises d’abattage néerlandaises et danoises, disposent d’établissements d’abattage-découpe en Allemagne. Ces quatre pays regroupent plus de 43 % de la production européenne soit 112 millions de porcs. Leur production s’érode un peu. Ensemble, ces pays exportent 9 millions porcs et plus de 4 millions de tonnes de viande : l’autosuffisance globale est de 164 %.

L’Espagne, deuxième producteur de l’UE, produit 3,5 Mt. Après une chute en 2008 et 2009, en raison des difficultés économiques nationales, la consommation a légèrement repris en 2013. L’Espagne dépend de l’exportation pour 30% de sa production. En France, la baisse du nombre de porcs produits de la décennie passée a été compensée par l’alourdissement des carcasses, mais le recul de la production en tonnage s’est accentué depuis 2011. La consommation suit aussi une tendance baissière, maintenant ainsi le taux d’auto-approvisionnement entre 107 et 108 %. En Italie, la production est assez stable ces dernières années. Le pays dépend pour un tiers des importations des autres membres de l’UE. L’Italie se caractérise par une production de porcs lourds.

Bilan d’approvisionnement des pays de l’ue en 2013*
Bilan d’approvisionnement des pays de l’ue en 2013*.

L’érosion des nouveaux États membres

La Pologne est de loin le principal producteur des pays entrés dans l’UE depuis 2004, mais sa production a chuté de 15 % depuis 2005. Sixième producteur de l’UE, ce pays est devenu importateur net en 2008. Pour maintenir les exportations, vers les pays tiers surtout, la Pologne développe ses importations. Dans le même temps, la consommation a reculé. Les autres nouveaux États membres suivent aussi une évolution à la baisse : -21 % entre 2005 et 2013. La présence des cas de peste porcine africaine en Pologne et dans les pays baltes risque d’entraîner de nouvelles baisses. Source ; Jan-Peter van Ferneij, Ifip

Mots-clés

Peut vous intéresser

Bouton retour en haut de la page
Fermer