
Quelques pistes permettent d'alléger le coût alimentaire des agneaux", explique Laurence Sagot, de l'Institut de l'Elevage. La première, c'est le poids des agneaux à la naissance. "Un écart d'un kg sur le poids à la naissance entraîne généralement un écart d'un kg de carcasse en finition. D'où l'intérêt de soigner la fin de gestation de la brebis". Bien nourrir la mère coûtera moins cher que l'apport de concentré nécessaire à l'engraissement des agneaux.
Un objectif de 4 kg
Le poids à la naissance se détermine dans les quatre dernières semaines de gestation. L'objectif est d'avoir un poids de 4 kg pour un agneau né double. Si le poids est inférieur à 3 kg, le taux de mortalité sera plus élevé, car l'agneau est plus fragile. Le poids à la naissance a également des répercussions sur la finition. L'état d'engraissement et la conformation sont en partie fixés à 1 mois et demi.
"Entre un agneau lourd à la naissance et un agneau léger, la durée de finition est majorée de 15 jours en défaveur de l'agneau léger", déclare Laurence Sagot. Son état d'engraissement sera supérieur et la quantité de concentrés sera majorée de 20 kg. Il faut donc travailler sur la valeur génétique et laitière des mères.
Le poids au sevrage
Au cours des deux premier mois, le lait maternel constitue l'essentiel de la ration d'un agneau. Sa vitesse de croissance sera directement liée à la quantité de lait dont il dispose. Aucun aliment, qu'il s'agisse de fourrage ou de concentré, ne peut compenser totalement le manque de lait. Au final, la durée de lactation est allongée et les quantités de concentrés nécessaires seront majorées.
Quel que soit le mode de finition de l'agneau, le poids au sevrage reste un critère essentiel, in fluant sur les quantités de concentrés consommées et la qualité de l'agneau au final. Selon un essai réalisé à Glane, un écart de poids de 3,5 kg au sevrage se traduit par une augmentation de la quantité de concentré de 30 à 40 %. Les poids et les qualités de carcasse restent par ailleurs peu affectés, même si une légère augmentation de l'état d'engraissement a été mesurée.
L'éleveur doit donc être rigoureux sur l'état des brebis en fin de gestation. "Une bonne valeur génétique des mères, associée à une alimentation soignée en fin de gestation et en début de lactation restent la meilleure garantie d'une production d'agneaux de qualité à moindre coût", souligne Laurence Sagot.
Mélange fermier ou aliment complet
Les céréales produites sur l'exploitation sont d'abord à distribuer aux brebis. Mais, dans la mesure où les stocks sont suffisants, les distribuer également aux agneaux permet de réduire le coût de la ration par rapport à un aliment du commerce. Deux contraintes liées à l'utilisation du mélange fermier sont à prendre en compte. D'une part, en termes d'investissement, car il faut prévoir de stocker plusieurs matières premières. Pour les aliments distribués à l'aide de vis, la mélangeuse est alors indispensable. D'autre part, le suivi des agneaux doit être rigoureux, car les carcasses peuvent présenter un état d'engraissement excessif. Ces régimes sont en effet plus énergétiques et propices à des croissances rapides à l'exception des rations avec protéagineux et tourteaux gras.
Patrick Bégos
Photo : La valeur génétique du troupeau, la production laitière des mères et le poids des agneaux à la naissance influent sur la qualité des agneaux.
Autoconsommer ses céréales
Toutes les céréales peuvent être utilisées pour constituer la ration de base des agneaux. La plupart d'entre elles, blé, triticale, orge… peuvent être utilisées seules ou complémentées par une source azotée, minérale et vitaminique. Le maïs, particulièrement énergétique, favorise des états d'engraissement excessifs. Il est recommandé de ne pas en apporter plus de 40 % dans la ration. Le blé est plus acidogène que les autres céréales. Son incorporation à plus de 40 % peut provoquer des acidoses. Le traitement mécanique des céréales (broyage, aplatissage, concassage) entraîne systématiquement des défauts de couleur et de fermeté du gras, sans pour autant améliorer l'efficacité de la ration. Toutes les céréales doivent être distribuées entières, dès le plus jeune âge.