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Sommaire | " PRODUCTIONS " | Volailles | Article n°9989 |
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Volailles / Un nouvel atelier de cuisson - Ronsard accélère sur les produits élaborés
 


Malgré la crise, le marché national des produits élaborés de volailles (65 000 t.) est en croissance de 10,4 % sur 2 ans. Pour renforcer sa position, Ronsard  à Bignan (56) vient d'investir dans l'extension de son atelier de cuisson, en doublant sa surface (2 500 m2 supplémentaires) et en mettant en place un four à cuisson continue. Cet investissement d'envergure, (7 millions d'euros), inauguré par Jean-Yves Le Drian, président du Conseil régional, doit permettre au volailler breton d'accéder à des marchés nouveaux. 


"Nous produisons déjà 6 000 t de produits élaborés, notamment des poulets entiers cuits, rôtis, fumés au bois de hêtre, des confits, que nous vendons par les circuits GMS (67 %), à l'exportation (27 %) et en surgelé (6 %)", explique Gilles Dréan, directeur général de Ronsard. Les fours actuels travaillent par séquences, les poulets entiers sont placés sur chariots et introduits dans les fours pour la cuisson, ce qui nécessite plus de manipulations. 


Viser d'autres débouchés


"Le nouveau four va permettre d'augmenter notre productivité", poursuit Gilles Dréan. Les filets de poulets placés à l'entrée du four sont cuits en continu et mis en barquettes sous vide, immédiatement, sans manipulation humaine. Ce nouvel outil permettra de passer à 8 000 t./an de produits élaborés et à terme à 10 000 t. "En développant la cuisson de petites pièces, nous pourrons viser la restauration commerciale et collective, un créneau où nous sommes peu présents, actuellement", estime le directeur général.  


Plus de productivité, une amélioration de la qualité des produits et des conditions de travail, des gains en terme de capacité d'innovation et d'adaptation sur un secteur très concurrencé : ces atouts sont importants pour Ronsard, qui veut maintenir son avance. La part de Ronsard sur le marché national des produits élaborés de volailles est de l'ordre de 10 % alors que sa part sur le marché global de la volaille n'est que de 3 %. 


Savoir-faire industriel


Cet investissement conforte également le site de Bignan (800 salariés sur les 1 045 du groupe). "En tant que généraliste de la volaille nous essayons d'associer la complémentarité de la gamme et la complémentarité du portefeuille clients". Le volailler breton propose une gamme complète (entier, découpe, élaborés crus et cuits, confits) pour des circuits de distribution (GMS avec des marques, des labels et IGP, la distribution surgelée spécialisée, les grossistes et l'export). "Notre savoir-faire industriel nous permet de proposer une gamme cohérente aux différents marchés spécialisés".  


Pour Gilles Dréan, "il est important de maintenir en Bretagne, des outils d'abattage et de transformation compétitifs". Le maintien de ce tissu industriel et des centres de décision dans la région permet de fixer la production. "Nous travaillons avec des éleveurs ayant un parc total de 400 000 m2. Tous nos produits sont fabriqués avec des volailles bretonnes, sans aucune introduction de viandes importées".  


Renouveler le parc


Coopagri Bretagne est actionnaire de Ronsard à 90 %, (Euralis 10 %). Denis Manac'h, président de la coopérative, a attiré l'attention sur les risques de difficultés d'approvisionnement de ces outils, à moyen terme. "Le parc de bâtiments avicoles bretons a baissé de plus de 30 % en 10 ans. On ne construit plus de poulaillers en Bretagne depuis quelques années, pour des raisons de coût et de réglementation environnementale". L'âge moyen du parc est supérieur à 20 ans. Les rénovations ont permis jusqu'à présent, de maintenir les performances techniques et de gagner en productivité. "Un jour, il faudra inverser la tendance et construire des bâtiments neufs pour approvisionner les abattoirs et les usines de transformation et ainsi maintenir l'emploi sur le territoire breton".   


Patrick Bégos


Photo : De gauche à droite, Jean-Bernard Solliec, directeur général de Coopagri Bretagne, Jean-Yves Le Drian, président du Conseil régional, Gilles Dréan, directeur général de Ronsard, devant un panel de produits fabriqués par le groupe. 





Exportation et environnement



Le développement de tels outils est un message d'espoir pour la filière avicole bretonne", souligne Jean-Yves Le Drian, président du Conseil régional. "Qui aurait parié sur la volaille, en Bretagne, il y a moins de cinq ans ? En rassemblant vos forces et en anticipant, vous montrez la voie".   


"La poursuite des échanges internationaux constituera l'une des clés de l'avenir", estime le président de Région. Les accords de Doha ne sont pas signés. "Nous devons poursuivre nos efforts et anticiper pour éviter que la production alimentaire ne fasse les frais de la négociation. La ratification du Traité de Lisbonne pourrait nous aider avec le processus de co-décision du Parlement européen et de la Commission, ce qui peut entraîner de nouveaux choix". 


Sur le problème environnemental, la position du président de la Région est claire. "Il faut dire la vérité et ne rien cacher sur les faits. Il n'est pas concevable de poursuivre un dialogue de sourds entre partisans et opposants à la production agricole. Dans cette affaire, il faut sortir par le haut. Dans les zones concernées, la géographie est telle que la seule application des normes ne suffira pas, il faut trouver les moyens pour garantir les revenus des agriculteurs concernés. La Région Bretagne est favorable pour être co-pilote dans ce dossier".  





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Date de l'article : semaine du N° du 16 au 22 Octobre 2009
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