
Les premières cochettes arriveront le 2 novembre prochain dans les 2 100 m2 de bâtiments flambants neufs, sur l'élevage Rouxel de Penguily (22). Chantal, Jean-Claude Rouxel, et leur fils Benoît s'installant avec eux, vont pouvoir élever leurs 395 truies dans des conditions de travail optimales, en respectant dès à présent les normes bien-être. A eux trois, ils vont gérer les ateliers de naissage, de post-sevrage (1 800 places) et d'engraissement (3 200 places), sans déléguer le lavage ou autres tâches.
"Nous travaillons depuis 6 ans sur la conception de ces nouveaux bâtiments. Dès le début, nous avons souhaité installer un système de filtration d'air, car nous sommes placés sur un site sensible : passage régulier de camions transportant des porcs, nombreux élevages autour". En 1997, l'élevage, touché par la Map, a été repeuplé. Mais cela n'a pas suffi à maintenir un bon état sanitaire sur le troupeau. "Ces expériences nous ont affaiblis financièrement et moralement".
30 ou 40 euros par truie de frais vétérinaires
Les producteurs comptent sur la filtration d'air pour atteindre un excellent niveau sanitaire et limiter les traitements sur les animaux. Alors que la moyenne des frais vétérinaires avoisine 150 euros/truie, ils devraient parvenir à 30 ou 40 euros/truie. Seule la vaccination parvovirus / rouget va être conservée. "Nous devrions également améliorer la rotation en engraissement". Installé sur la totalité des nouveaux locaux et sur les anciens qui vont conserver une partie de l'engraissement, le système de filtration a représenté un coût de 200 000 euros. Il va être accompagné du repeuplement entier.
Les éleveurs prendront une douche à chaque entrée dans les bâtiments. L'aliment arrivant sur le site aura été traité (fluidisé) et les doses de semence proviendront de centre avec filtration d'air. Pendant la période de transition (4 – 5 mois), Benoît, qui sera encore en contact avec l'ancien cheptel, portera même un masque, une charlotte et des gants. "La filtration d'air n'est pas utile dans des régions à faible densité de porcs. Mais dans nos bassins, elle peut être intéressante, notamment pour répondre aux attentes du consommateur en termes de qualité de viande", pense Jean-Claude Rouxel.
Récupération de chaleur
Avancer sur l'environnement fait aussi partie des préoccupations des éleveurs qui ont déjà investi dans le traitement de l'azote et du phosphore en 2002. "L'alimentation biphase en maternité, gestantes et verraterie va permettre de limiter les rejets". Les éleveurs ont par ailleurs investi dans une pompe à chaleur avec récupération de calories dans l'air sortant.
Une salle rassemble la partie saillie, confirmation et gestantes. Seuls deux verrats souffleurs seront sur l'élevage. Dans la partie gestantes, aux normes bien-être, les animaux pourront se coucher dans des boxes au sol plein. La maternité est répartie en 4 salles de 24 places, avec deux circuits de soupe indépendants. Pour cet outil de travail résolument tourné vers le futur, les éleveurs ont réalisé un investissement très lourd. "J'espère que l'avenir nous donnera raison".
Agnès Cussonneau
Photo : Jean-Claude Rouxel, lors de la présentation des bâtiments qui a eu lieu jeudi 8 octobre.
Le self service des truies
Dans ces nouveaux bâtiments, l'efficacité se situe aussi dans le matériel d'alimentation des animaux. "Nous étions partis sur la mise en place d'un Dac en gestantes. Mais au dernier moment, nous avons opté pour un espace "Selfi-feeder" (Asserva)", précise Jean-Claude Rouxel. Le parc d’alimentation est géré électroniquement sur les entrées et les sorties des truies, reconnues par une puce électronique. C'est un système qui évite la concurrence et les surconsommations, tout en restant moins onéreux que les postes individuels. "Alors qu'avec un Dac on ne nourrit qu'une truie à la fois, ici nous allons nourrir 8 truies simultanément". Un "Selfi-feeder" est également installé dans la salle de quarantaine (prévue sur l'élevage même si les éleveurs comptent travailler en autorenouvellement). Deux machines à soupe vont fonctionner.