Les premières lois d’orientation de l’agriculture ont été promulguées dans les années 60. Le chantier était gigantesque et ambitieux pour la France : reconstruire et moderniser l’économie. Et tout cela au moment où prenait corps la communauté économique européenne qui avait fixé pour objectif à l’agriculture des 6 pays fondateurs, de développer leur capacité de production pour assurer l’autosuffisance alimentaire. Les lois se sont succédé. Mais, 50 ans après, on parle toujours de loi de modernisation de l’agriculture. C‘est en tout cas le nom de cette dernière loi d’orientation annoncée par le président de la République quelques jours avant le Salon de l’agriculture. Elle sera déposée au Parlement avant la fin de l’année. Le temps est compté. Aujourd’hui, il s’agit moins d’orienter que d’aider l’agriculture française à prendre le chemin du « laisser-faire le marché » qu ‘elle n’a pas choisi. Mais la France seule ne peut décider d’une orientation pour son agriculture sans intégrer la politique agricole européenne et les règles de l’OMC (Organisation mondiale du commerce). Une véritable loi d’orientation de l’agriculture ne pourrait donc qu’être européenne, à minima. Et les 27 sont loin d’avoir une vision commune pour leur agriculture. Cette loi sera donc une loi de « modernisation ». Le mot « accompagnement » ou « adaptation » correspondrait mieux à la réalité de la situation. La relation à l’alimentation, l’environnement, sont abordés, entre autres, dans cette loi. Mais l’organisation des filières, la contractualisation ou les systèmes assurantiels constituent les attentes du moment. Il y a urgence à accompagner les agriculteurs dans cette évolution. Il va falloir imaginer d’autres solutions. Mais du concret. C’est ce qu’attendent aujourd’hui, plus que jamais, les agriculteurs français.