Déclaration de Bruno Le Maire, lors de la remise du prix du journalisme agricole : « il faut se battre pour une harmonisation européenne vers le haut en partant du principe que les normes françaises de production sont les bonnes ». Les normes françaises sont parmi les plus élevées concernant de nombreux points touchant l’environnement, les charges sociales, voire le bien-être animal. C’est en tout cas ce que nous disent les productions françaises en crise actuellement, c’est-à-dire à peu près toutes. Et pour certaines d’entre elles, ce sont ces distorsions qui contribuent à l’état de crise. Un des reproches fait à la France, par ses agriculteurs, c’est sa propension au sein de l’Union européenne à vouloir laver « plus blanc que blanc », et à l’Europe, d’imposer des normes qui handicapent ses exportations. Mais peut-on blâmer une politique qui vise à mettre la barre à un haut niveau pour l’imposer ensuite aux autres ? « Le premier pays agricole européen se doit de montrer l’exemple » ajoutait Bruno Le Maire... Mais à condition d’avoir les moyens de cette politique. Si elle devait être menée à l’échelon européen – et cela n’aurait de sens que si c’était le cas – il faudrait aussi que des mesures transitoires viennent compenser les handicaps de ceux qui appliquent déjà ces normes. Car, sauf cas particulier, une norme plus sévère engendre des coûts de production plus élevés. En attendant cette harmonisation progressive par le haut, il serait utile de prévoir des montants compensatoires pour effacer les distorsions. Ainsi que pour les produits importés, une même exigence que pour les produits européens. Et comme tout cela a un coût, il faudra bien que le consommateur paye sa part. Mais la démonstration s’arrête là, subitement, devant le rayon du supermarché, au pays de la vie moins chère...