
Patrice Binet avait annoncé lors de la dernière assemblée générale son intention de ne pas briguer un nouveau mandat. Il reste administrateur national. Patrick Cherdel, producteur de lait à Bréhand Moncontour, a donc pris le relais. Le secrétaire général est Thierry Houël, producteur de porc et de lait, en Gaec à Saint-Carné.
Entré au conseil d‘administration des Jeunes Agriculteurs en 2005, Patrick Cherdel, considère son engagement comme une suite logique de son métier. « Moi, mon métier ne s’arrête pas au fait de produire du lait, ni quand le camion l’a collecté». Il se veut acteur au-delà de son exploitation dans le secteur économique, sur l’environnement … Une logique qui débute par le syndicat des jeunes où il a eu la responsabilité du dossier installation et du dossier lait. « Nous devons rester maître de notre destin sur nos exploitations, mais aussi dans les outils de transformations qui valorisent nos produits ». Il se sentirait un peu coupable en ne s’engageant pas. « On devient le parent pauvre de tous les maillons des filières ». De toute évidence, il n’entend pas se résigner à le rester.
Un peu moins d’installations
Le dossier des Jeunes Agriculteurs, c’est d’abord l’installation. Environ 80 installations aidées à ce jour. L’année 2009 risque de ne pas être un grand cru pour le renouvellement des générations. Il sera sans doute difficile d’atteindre les 140 de 2008, ou les 134 de 2007. La crise dans les différentes productions explique pour beaucoup ce ralentissement. « Il ne faut pas oublier que plus de 80 % des installations se font en production laitière ou porcine, deux productions durement touchées ».
Dans cette morosité ambiante, une satisfaction toutefois, celle des jeunes qui ont testé le nouveau parcours à l’installation. « Les retours sont très satisfaisants », note Patrice Binet. Il rappelle qu’il répond à une attente de parcours personnalisé pour des jeunes qui s’installent plus tard (29 ans en moyenne), après un premier parcours professionnel, en général comme salarié. Les Jeunes Agriculteurs vont d’ailleurs le mettre à profit en allant le présenter dans les établissements scolaires d’enseignement agricole, avec des témoignages de jeunes qui l’ont vécu.
Des jeunes inquiets
Difficile pourtant d’ignorer le contexte économique dégradé. « Il faut redéfinir les relations dans les filières », explique Patrick Cherdel, il s’interroge. « Quelle agriculture on veut, et est-ce que l’on en veut une ? » . Il poursuit : “Nous avons fait le choix d’une agriculture de qualité. Mais aujourd’hui, nous sommes les seuls dans les filières à supporter la crise ».
Inquiet aussi de voir que certains outils ne tiennent que sous perfusion des banques ou des groupements. « Les plans de cessation ne régleront rien, car la production ira se faire ailleurs, avec des pertes d’emplois sur la Région ». Un message que les jeunes entendaient bien faire partager aux élus et responsables d’organisations invités lundi 5 octobre à la Ville Davy à Quessoy, dans le cadre d’une action initiée par les agricultrices visant à faire pression sur les Pouvoirs publics, alors que les ministres de l’Agriculture se réunissaient à Bruxelles (voir page ci-contre).
Pierre Dénès
Photo : Patrick Cherdel au centre succède à Patrice Binet (à gauche) à la présidence des Jeunes Agriculteurs. Thierry Houël (à droite), est le secrétaire général.